vendredi 12 juin 2009

Avant le CLSC


Moi, au téléphone: Papa va aller te chercher après son rendez-vous au CLSC.


Ma plus jeune: Qu'est-ce que tu va faire au CLSC?


Moi: Je vais faire changer mon pansement.


MPJ: Ils vont changer ton enveloppe de poire chinoise? Ça va pas faire mal?


Moi: Non mais ils vont aussi changer le plastique en dessous, ils vont nettoyer.


MPJ: Ah...ça va pas faire mal pantoute de bord.

jeudi 11 juin 2009

Le Relais pour la vie

Hey, je participe au Relais pour la vie cette année dans la catégorie des faux-survivants, des toujours en vie mais toujours malade. Je blague. Je suis content, j'ai hâte. Ça va me stresser mais ça va m'énergiser je suis sûr.

Pour ceux et celles qui veulent m'encourager en personne, voir les détails ici.

Pour ceux et celles qui voudraient mettre un petit 5$ sur leur Visa ou Mastercard, voir cette sympathique équipe qui me sponsor, comme dirait nos cousins français. Je serai même sur l'EPO pour l'occasion. Hahaha, quelle coïncidence.

Si vous ne faites ni l'un, ni l'autre, je vous remercie de me lire, c'est tout ce qui compte pour moi.

Merci de votre support.

Livres

Dans ma colonne, Sur ma table de chevet, il y a deux livres, en fait trois.

La vie devant soi, de Romain Gary: Un chef-d'oeuvre, tout simplement. Multi-ethnique, drôle, éclaté.

Vivre sa maladie, de Bernie S.Siegel: Encore un bon livre de cet auteur qui apporte un regard non-clinique sur la maladie. Une bonne lecture pour les malades, mais aussi les gens qui accompagnent les gens qui vivent la maladie.

Chroniques d'une mère indigne 2, de Caroline Allard: Pas besoin de présentation pour la plupart d'entre vous mais disons que ça se lit très bien, j'ai presque fini en trois jours. Très drôle. Inspirant pour un blogueur, tellement que si tout était à refaire, je nommerais mon blogue, le Malade indigne. Mais ce serait un pléonasme je pense. Passez quelques jours à l'hôpital, vous comprendrez.

La maudite toune

Vous connaissez sûrement La tête haute, la chanson des Cowboys Fringants à propos d'un jeune homme de 18 ans qui attend ses résultats de scan.

Elle est bonne...pour vous. Mais pour moi, c'est terrible. Elle me reste dans la tête cette chanson, tellement que je la fredonne sans m'en rendre compte. Non-stop.

Et elle attaque quand je m'y attends le moins.

L'autre soir, pendant le party de 50 ans de ma belle-soeur. Tout le monde s'est précipité sur le juke-box pour mettre autre chose au cas-où je me mettrais à brailler comme un veau, ce qui n'est pas si loin de la vérité tout de même.

Hier, je mange paisiblement un cornet de crème glacée sur une terrasse, la vie est belle, je regarde les autos passer, je ne pense à rien. Paf! À Rock-détente:

J'ai tout surmonté
La tête baissée
Si je redescends la côte
Ce s'ra la tête haute

Dans la peau du narrateur, elle est même plate cette chanson-là.

dimanche 7 juin 2009

La petite main

Ce matin, ma plus jeune devait venir à la maison pour se faire coiffer pour son spectacle de gymnastique. Quand elle est arrivée, j'étais dans mon lit, malgré l'heure avancée.

Je lui ai dit, viens te réchauffer sous les couvertures. Et là on a jasé. Mais ce matin, j'avais un genre de point dans l'épaule alors je lui ai demandé de mettre sa main dessus pour me faire du bien. Elle l'a fait. Mais nous avons parlé pendant presque 15 minutes et jamais, elle n'a retiré sa petit main de l'endroit où je lui ai demandé de la mettre. Et un enfant de 7 ans, ça bouge. Mais sa petite main restait comme un point d'ancrage, un pivot sur mon épaule.

Comme si, inconsciemment, elle voulait que ma maladie passe par mon épaule et sorte dans sa main.

Coucou

Il s'en est passé des choses depuis une semaine.

Lundi, j'ai subi une ponction de moelle osseuse. Ayoye. Ce n'est pas que ça fait terriblement mal mais ce n'est pas agréable. Ça m'a fait penser à l'extraction d'une dent. Nous sommes gelés mais nous sentons quand même le crounche-crounche. Cela s'est fait dans ma ''l'aine''. Je me sentais un peu vulnérable, couché sur le dos, pas de bas. Je m'étais préparé une blague mais j'ai oublié de la dire. Je voulais dire au doc, vers la fin du procédé, ''arrêtez, docteur, je ne sais pas où est Ben Laden''.

Pourquoi cette examen? Pour essayer de voir ce qui se passe avec mon anémie qui ne lâche pas. Même après l'arrêt de mes traitements depuis le 3 avril, je suis toujours aussi faible. Espérons que des indices émergeront de mes échantillons de moelle et d'os, qui permettront d'éclaircir mes oncologues à ce sujets. En passant, c'est le docteur N. qui a fait la chose. Je vous en reparlerai un peu plus tard.

Et la semaine s'est terminé avec un SCAN afin de connaître la progression (?) des taches sur mes poumons (encore une piqûre!). Depuis la fin de mes traitements, outre mon anémie, je ne me sens pas très bien. Je tousse souvent, des quintes violentes qui me poussent au bout de mon souffle. Mon appétit est aussi variable. Je fais aussi des poussées de fièvre.

Peut-être me répétais-je sur mes symptômes? En tout cas, je vais probablement avoir des résultats demain lors de mon rendez-vous. J'ai un peu peur de ce que l'oncologue va me dire, mais au moins nous serons fixés. Peut-être que tout est ok et que mes symptômes -toux, anémie, fièvre- sont trois choses différentes qui n'ont aucun rapport ensemble.

mardi 26 mai 2009

You will someday

Je semble être sans inspiration mais non, pas vraiment, plusieurs choses m'ont inspiré ces dernières semaines, même si elle ne proviennent pas directement de ma vie personnelle.

J'ai regardé plusieurs films et l'un d'entre eux m'a fait réfléchir. C'est à propos des dernières paroles du personnage principal, à la toute fin du film. Je ne sais pas si vous vous souvenez de American Beauty? Voici les dernières pensées de Lester, assassiné d'une balle dans la nuque alors qu'il comtemplait une photo familiale:

''I had always heard your entire life flashes in front of your eyes the second before you die.
First of all, that one second isn't a second at all, it stretches on forever, like an ocean of time...
For me, it was lying on my back at Boy Scout camp, watching falling stars... And yellow leaves, from the maple trees, that lined my street... Or my grandmother's hands, and the way her skin seemed like paper... And the first time I saw my cousin Tony's brand new Firebird... And Janie... And Janie... And... Carolyn. I guess I could be pretty pissed off about what happened to me... but it's hard to stay mad, when there's so much beauty in the world. Sometimes I feel like I'm seeing it all at once, and it's too much, my heart fills up like a balloon that's about to burst... And then I remember to relax, and stop trying to hold on to it, and then it flows through me like rain and I can't feel anything but gratitude for every single moment of my stupid little life... You have no idea what I'm talking about, I'm sure. But don't worry... you will someday.''

Désolé si j'assume nonchalamment que vous lisez tous l'anglais mais je fais un très mauvais travail de traduction même si j'ai suivi un cours au certificat. Mais j'ai une cousine qui m'a envoyé une traduction tout-de-go:

''J’ai toujours entendu dire que notre vie entière défilait devant nos yeux une seconde avant de mourir.
Pour commencer, cette seconde ne dure pas du tout une seconde mais elle s’étire à l’infini comme un océan de temps. Comme quand j’étais couché sur le dos dans un camp chez les scouts, et que je regardais les étoiles filantes … Et les feuilles jaunes des érables qui bordaient ma rue … Ou les mains de ma grand-mère et sa peau qui ressemblait à du papier … Et la première fois où j’ai vu la nouvelle Firebird de mon cousin Tony … Et Janie … Et Janie … Et Carolyn.
Je suppose que je devrais être furieux de ce qui m’arrive … mais c’est difficile de rester fâché quand il y a tellement de beauté dans le monde.
Quelquefois il m’arrive de voir et de ressentir toutes ces choses en même temps et je sens alors mon cœur se gonfler comme un ballon qui serait sur le point d’éclater … Et là je me rappelle qu’il me faut relaxer et lâcher-prise. Et puis c’est comme si la pluie se mettait à ruisseler en moi et que je ne pouvais ressentir autre chose que de la gratitude pour chaque moment de ma futile petite vie.
Vous ne pouvez pas savoir de quoi je parle, j’en suis sûr. Mais ne vous en faites pas, un jour vous le saurez''

Je me demande ce que vont être mes flashs lorsque mon tour viendra, dans des circonstances beaucoup plus douces j'espère.

Se lancer la balle avec mon père? Aller au Miracle Mart avec ma mère? Rester assis dans une chaise berçante en compagnie de ma grand-mère, bouteille de 7up entre les jambes? Un championnat de baseball? La première fois que j'ai fait l'amour (enfin!)? Les premiers pas de mes enfants? Une vraie job? Un appel personnel d'un Premier ministre? Une chanson? Un spectacle? Un livre? Un avion?

Ou le sourire éclatant de mes filles qui voudront me dire, papa, c'est assez, tu peux partir?

Pensée du mardi précédent

Je ne vous achale plus après ce dernier poème qui n'est pas sans rappeler The Curious Case Of Benjamin Button.

La vie est rude
Elle dévore la majeure partie de votre temps, tous vos weekends
et finalement, qu'est-ce qui vous reste?
...la mort. Tu parles d'une récompense!
Je vois plutôt le cycle de la vie se déroulant à reculons.
Il nous faudrait d'abord mourir, pour en finir avec cela.
Puis vivre vingt ans de vieillesse à la maison
Quand on serait trop jeune, on serait jeté dehors:
On recevrait une montre en or, on prendrait un travail
On travaillerait quarante ans jusqu'à ce qu'on soit assez jeune pour profiter de la retraite
On irait à l'université, on ferait la fête.
Ensuite, viendrait le temps du lycée puis de l'école.
On deviendrait un bambin, on s'amuserait, plein d'insouciance,
On deviendrait un petit garçon ou une petite fille,
On réintégrerait le placenta,
On passerait neuf mois entre deux eaux.
Et pour finir, on prendrait la forme d'une lueur dans le regard d'un inconnu.

-Vivre sa maladie, Bernie S.Siegel, p.256.

Pensée du mardi de la semaine passée

Je reçois beaucoup de trucs par courriel mais j'ai trouvé celui-ci original et je vous le rapporte ici. Je sais que ça peut paraître cucul mais n'oubliez pas que je suis ultrasensible émotivement.

Un jour, l'âne d'un fermier est tombé dans un puits. L'animal gémissait pitoyablement pendant des heures et le fermier se demandait quoi faire.

Finalement, il a décidé que l'animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n'était pas rentable pour lui de récupérer l'âne.


Il a invité tous ses voisins à venir et l'aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer le puits.

Au début, l'âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement. Puis, à la stupéfaction de chacun, il s'est tu.

Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de se qu'il a vu.

Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l'âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.

Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l'animal, il se secouait et montait dessus.

Bientôt, chacun fut stupéfié que l'âne soit hors du puits et se mette à trotter!

La vie va essayer de t'engloutir de toutes sortes d'ordures. Le truc pour se sortir du trou est de se secouer pour avancer.

Chacun de tes ennuis est une pierre qui permet de progresser. Nous pouvons sortir des puits les plus profonds en n'arrêtant jamais... Il ne faut jamais abandonner!

Secoue-toi et fonce! Rappelle-toi, les cinq règles simples!

Pour être heureux:

1. Libère ton coeur de la haine.
2. Libère ton esprit des inquiétudes.
3. Vis simplement.
4. Donne plus.
5. Attends moins.

A ne jamais oublier, surtout dans les moments les plus sombres.

Pensée du mardi

Si vous voulez une heure de bonheur
Faites la sieste;
Un jour de bonheur,
Allez à la pêche;
Un mois,
Mariez-vous,
Si vous voulez une année de bonheur,
Faites un héritage.
Mais si c'est le bonheur d'une vie que vous cherchez,
Faites du bien à autrui.

-un participant à nos groupes de soutien, tiré de Vivre la maladie, de Bernie Siegel.

jeudi 21 mai 2009

Vite

Il faut que je me dépêche à vous écrire avant que ma conjointe revienne et qu'elle me trouve en dedans, au lieu de dehors. Elle sera fâchée, elle qui endure mes bougonnements sur la météo depuis un mois.

Enfin du beau temps. Et qu'est-ce que je fais? Je regarde Entourage ce matin sur DVD (accompagné d'un petit somme tout de même) et je me pousse au cinéma voir Star Trek cet après-midi. À l'air climatisé en compagnie d'un gros popcorn et d'un Coke avec de la glace.

Il fait beau mais il vente. Maudit vent. Je ne peux pas lire le journal dehors. Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer le rôle du vent dans la nature? Bon, pour la pluie, je sais, il faut que les plantes soient nourries etc. Mais ce vent, ce maudit vent? Ne me parlez pas de pollen, il y a des abeilles pour ça.

mercredi 20 mai 2009

Le secret?

(entendu au département d'oncologie hier)

Un grand monsieur âgé et frèle se présente dans la salle de traitement pour sa prise de sang. Les infirmières vérifient s'il est à jeûn depuis 12 heures car on doit vérifier son taux de cholestérol.

Humm, il hésite, j'ai eu un petit creux vers 7h ce matin.

Et vous avez mangé quoi monsieur T.?

Je me suis fait une toast à la graisse de rôti.

Une toast à la GRAISSE DE RÔTI. N'allez pas chercher dans votre Les aliments contre le cancer du bon docteur Béliveau, ce n'est pas dedans.

N'empêche que monsieur T., qui habite à Marieville comme moi, combat un cancer des os depuis 10 ans, m'a-t-on dit.

Le brocoli? You s*&k. Et les règlements? F%$k you.

vendredi 15 mai 2009

Je suis lent

Vous savez, je suis lent et je suis procrastinaste. Lorsque je reçois vos messages, je les lis attentivement et je suis toujours flatté que vous vous intéressiez à moi. Mais pour vous répondre, ça prend un petit bout.

Voilà où j'en suis.

Macho au coeur brisé

Suite à l'élimination des Bruins de Boston hier...échange de messages-textes:

MOI: Maudit sport, ça nous brise le coeur à chaque année...

MON FRÈRE: C'est pire qu'une femme...

MOI: Au moins, on peut leur briser le coeur en retour, les femmes.

MON FRÈRE: Effectivement, c'est peut-être à cause de ça qu'on se fait punir par le sport. FINI, je ne l'écoute plus dorénavant, je le pratique.

(à suivre)

samedi 9 mai 2009

Les gars

Nous soupions l'autre dimanche en famille, enfin seulement une moitié puisque mes ''rapportées''* étaient repartis chez leur père. Ma conjointe, qui se soucie presque plus du sort de son nouveau gendre que du mien, s'exclame, ''pauvre Mick-Mick, il était plein de poils de chats sur son linge, il a fallu qu'il prenne la brosse collante pour les enlever''. Elle m'avait confié plus tôt cette après-midi qu'en descendant hypocritement dans le sous-sol pour chercher quelque chose, elle avait entrevu sa fille et son chum couchés sur le lit.

Et moi d'en profiter pour faire une petite leçon de vie conservatrice à mes filles, question de leur laver le cerveau contre les garçons, ''c'était à lui de ne pas s'asseoir ou se coucher en quelque part pis de rester debout, comme ça, pas de mauvais coups...''

Et ma plus vieille de ronchonner, en soupirant: ''Papa, c'est debout que les gars font leurs mauvais coups...''

À bien y penser...

*terme plutôt familier désignant les enfants du conjoint

jeudi 7 mai 2009

Et la vie de retraité?

10h00: lever
10h05: déjeuner + La Presse
10h30: petite sieste
12h30: lunch (roulés aux légumes et féta)
13h00: budget et comptes payables + autres gogosses sur le Net, donc un échange avorté dans mon pool de baseball
15h30: deuxième petite sieste
17h00: lever avec terrible mal de dos, on dirait que j'avais le poumon coincé sur le rein
17h15: épicerie et commissions
18h00: retour à la maison, frissons et fièvre (38,3°), troisième petite sieste, en position foetale sur le lit
19h00: tylenol + advil + robe de chambre
19h30: souper (sauté aux zucchinis et tomates)
19h35: film Le Grand Départ dont j'ai inspiré dans une moindre mesure le scénario,
19h40: je vais mieux
19h45: deux bols de crème glacée aux fraises (''contre le cancer des nerfs'', dans le film)
21h25: blogue

extrapolation

21h45: douche chaude
22h00: coucher avec pilule pour dormir

Piquez!


Je suis retourné à l'hôpital lundi et ils m'ont fait le tralala habituel. L'infirmière avait encore de la misère avec mon pickline, si bien que je lui ai suggéré moi-même de me prendre ma prise de sang à l'ancienne, dans mes veines.


Ça s'est très bien passé, elle a fait ça sur ma main gauche.


Je pense changer le nom de ce blogue pour ''Needles...bring it on, f?&*ers''.

mercredi 6 mai 2009

Comment je me sens?

Comment je me sens? Pas trop bien. La dureté du mental n'est pas au rendez-vous. Depuis deux semaines, on dirait que je ne feele pas. Je ne me sens pas bien mentalement parce que je suis malade ou je suis malade parce que je ne me sens pas bien mentalement? La poule et l'oeuf.

Hélène, la petite préposée aux malades des départements d'oncologie et de médecine ambulatoire, m'a dit l'autre jour de me concentrer d'abord sur moi car je suis seul dans la barque pour ramer et que je suis perdu au milieu d'un océan de merde . L'analogie est étrange mais c'est la vérité. J'apprécie tout ce que mon entourage fait pour moi mais en bout de ligne, je suis seul. Puisque je suis seul, il ne faut donc pas attendre les autres pour être heureux malgré tout. Il faut donc faire mes affaires, mon yoga, ma méditation, mon exercice, mon alimentation. Un jour à la fois. Maudit cliché. Un jour à la fois et les jours s'accumulent. Puis, on se réveille et ça fait cinq ans qu'on se bat contre le cancer. Il faut arrêter de penser à dans six mois, dans un an. Se faire de petits buts, par semaine, par mois.

Ah! Ça revient toujours aux listes!

Alors comment je me sens? Pas bien quand même. Depuis deux semaines, ce qui a commencé par un râclement de gorge bénin, est devenu une petite toux, puis une grosse, puis des quintes de toux et de la fatigue, de la fatigue comme jamais depuis le début de ma maladie. De l'appétit pas terrible et finalement jeudi dernier, 40° de fièvre.

Direction hôpital, un malheur n'arrive jamais seul, mon pickline fonctionne mal pour ma prise de sang mais Louise, mon infirmière-pivot, réussit tout de même à récolter le sang précieux. Je passe aussi une radiographie pour mes poumons.

Je ne vois pas le médecin mais celui-ci, selon mes symptômes et ma prise de sang, pense que je fais une sorte d'inflammation post-chimiothérapie, puisque je ne me mouche pas et je ne crache pas vraiment. Alors il me prescrit des anti-inflammatoires. Ce qui n'aide pas est mon hémoglobine à 68. Il est trop tard pour recevoir un ou deux culots de sang, à moins de m'envoyer à l'urgence, ce que j'aurais refusé afin de me prémunir d'attraper la grippe porcine ou la syphillis. Il y a de belles infirmières de soir à l'urgence. Plus les shifts sont à chier, plus les infirmières sont pitounes. Trève de commentaires machos.

Alors je reviens à la maison, non sans être passé par le Couche-tard pour une gigantesque slush au winshie-washer ou whatever. Vive les italiques. Je n'en fais pas trop. Je ne me crève pas le jaune, comme dirais un ex-collègue de travail du temps où je travaillais au Maxi durant mes études.

Quelques Tylenols de plus et me voilà plus égal dans ma température corporelle. Le lendemain, je reçois mes deux culots et je me porte encore mieux.

Aujourd'hui je tousse toujours, mais moins, je ne fais plus de fièvre mais j'ai des pointes de je ne sais trop quoi car je me réveille la nuit en sueurs, au point de devoir changer de gaminet (abolissons les italiques).

Vous savez, je me sens exactement comme la période entre mon diagnostic et le début des traitements de chimiothérapie. J'ai l'impression que la maladie gagne du terrain, petit à petit. Je ne tousse pas pour rien. Essayons de ne pas trop penser. Et peut-être qu'en l'écrivant, demain sera mieux?

Now what?

Je vais essayer d'être plus assidu à ce blogue. Je me sens plein d'introspection mais retenu par l'autocensure.

Que se passe-t-il dans ma vie (ma mort)? D'abord, j'ai eu mon dernier traitement de chimiothérapie le 3 avril.

Et puis? Pas grand chose, il faut attendre. Ai-je passé des tests? Non, pas vraiment. Le dernier a été le scan du début mars. Je n'ai pas un cancer fulgurant tout de même, alors pas besoin de vérifier à toutes les semaines, se disent les oncologues.

Alors. Alors quoi? J'attends. Lance Arsmtrong, -oui, lui, ce fêlé- écrivait que l'après-chimio était le pire moment parce qu'on avait l'impression d'attendre que la maladie revienne en force et nous achève finalement. Je le crois. D'autant plus que dans mon cas, je sais que la maladie est toujours là, sur mes poumons.

Ce n'est qu'une question de temps avant de recommencer la chimio. Le docteur N. a parlé de 1-2-3 mois l'autre jour dans son bureau. Je sais très bien qu'il faut doubler les attentes des docteurs. J'aimerais bien me rendre à 6 mois sans avoir à subir une nouvelle ronde de chimiothérapie, dite ''de deuxième ligne''. Vous savez ce qu'il y a après la deuxième ligne? Plus grand chose. Donc, aussi bien repousser cette éventualité le plus loin possible.

Alors quoi? Je fais mes choses. Je pense beaucoup. Trop.

lundi 27 avril 2009

Un chemin de lampions

Ma soeur est revenu d'Italie il y a deux semaines. Je lui avais demandé d'allumer des lampions dans les lieux de culte qu'elle visiterait. Voici le lien pour vous situer sur la carte de l'Italie et voilà les endroits où un lampion brûle à mon intention:



Sorrento


Positano (Cathédrale et Crypte de St-André)


Amalfi


Ravello


Capri


Naples (Cathédrale)


Merci!


Elle m'a aussi rapporté une médaille de St-Joseph Moscati, qui ressemble à Joseph Staline (est-ce que je peux rire des saints sans effecter mes chances de guérison?).


Voici une citation du bon docteur:


« Souvenez-vous que vivre est une mission, un devoir, une douleur ! Chacun de nous doit avoir son propre combat. Souvenez-vous que vous devez vous occuper non seulement des corps mais aussi des âmes gémissantes qui viennent à vous...»

Le roi est nu




Voici ce qui est arrivé de ma belle barbe. Et de mes cheveux. Ou vice-versa, d'après les photos. Ça me fait de la peine pour mes enfants qui voyaient leur papa retrouver un semblant de normalité extérieure même si la réalité intérieure est différente.
ps j'ai le nez croche coudonc.

Libellés

Rebonjour après quelques jours d'absence. Je suis en train de refaire le libellé de mes billets de manière à toujours utiliser un verbe. Pour ''alcool'', c'est facile, ''boire''. Pour ''blague'', c'est ''rire''. Mais pour ''enfants'' et ''chats''?

vendredi 17 avril 2009

Où est ma plus jeune?


Ma belle barbe à la Alexander Ovechkin, c'est-à-dire spottée et disparate, l'est encore plus car mes poils ont recommencé à tomber, surtout sous le nez, comme le fait foi cette photo:

Il faudra la raser. Merde.

''C'est l'agréable certitude...


...qu'elle te dira, comme d'habitude.''
-Éric Lapointe, La Bartendresse
Oups, pas tout à fait car j'ai troqué la Molson Ex pour la Beck's sans alcool.
Bien froide, c'est comme si le goût ne m'avait jamais quitté.

Cela plaira à l'Aubergiste


J'ai mangé une poutine ce midi, en plus de celle de la semaine passée. Il semble que je mange une poutine par semaine. Drôle de diète pour un malade.
ps j'ai piqué l'image sur ce blogue qui m'avait l'air fort intéressant mais qui est mouru car son auteur a décidé de quitter la blogosphère.

Bon, Un Monde Sans Fin a une fin, finalement

La brique de 1014 pages de Ken Follett (an anglais, pas pour la vitesse mais pour le prix) tire à sa fin. Je suis à la page 961.


Que vais-je lire ensuite? Plusieurs titres s'offrent à moi:


  • L'Art des listes de Dominique Loreau, qui nous avait donné L'Art de la simplicité, avec son fameux feng shui, adopté puis abandonné. (286 pages)

  • Les Chroniques d'une mère indigne 2 de Caroline Allard, dont plusieurs d'entre vous connaissent sûrement le blogue pour l'avoir vu dans vos blogrolls et aussi les nouvelles capsules internet sur le site de la SRC. (282 p.)

  • Vivre sa maladie de Bernie S.Siegel, qui nous a donné l'excellent L'Amour, la Médecine et les Miracles. (308 p.)

  • Conflits Coparentaux après une séparation par Elisabeth S.Thayer et Jeffrey Zimmerman, je suis à la page 61 sur 228.

  • Le culte de l'amateur: comment Internet tue notre culture par Andrew Keen, mais il faut que je le remette à la bibliothèque car il est réservé. Je voulais faire le in. (162 p.)
  • La vie devant soi de Romain Gary, une suggestion de Foglia lui-même! (274 p.)

  • The Yankee Years de Joe Torre et Tom Verducci, une autobiographie de l'ancien gérant des Yankees de New York avec plusieurs passages croustillants sur le monde du baseball. (477 p.)

  • 2666 par Roberto Bolano, un roman en trois tomes de 893 pages.

  • The Night Of The Gun de David Carr, un journaliste qui raconte son histoire de toxicomane tout en étant columnist pour le New York Times. Plus tard, il combattra avec succès un cancer et est toujours vivant. (382 p.)

Vous opteriez pour quoi?

jeudi 16 avril 2009

Race de monde


Voyez-vous, je fais partie de cette race de monde qui ne prend pas pour le Canadien, mais pour les Bruins de Boston.


15 ans ont passé depuis la dernière victoire des Bruins en séries contre le Canadien.


37 ans ont passé depuis la dernière Coupe Stanley des Bruins.


Serait-ce trop demander de voir mon équipe tout rafler une seule fois de mon vivant?


LET'S GO BRU-INS!

lundi 13 avril 2009

Les listes 2

Voici où j'en suis dans mon impressionnante liste de trucs à faire du mois dernier:

-transférer mes informations de mon agenda bleu 2008 à mon agenda rose 2009 FAIT
-appeler Bell pour avoir TSN en HD À FAIRE AVANT LES SÉRIES
-dormir FAIT, PLUSIEURS FOIS
-lire 30 pages de A World Without End (A Book Without End si je ne m'y met pas sérieusement, 1000 pages en anglais, écrit petit comme la Bible) FAIT, RESTE 200 PAGES
-charger des tounes de mes CDs de Dave Matthews Band qui traînent sur le meuble de cuisine depuis deux semaines dans ce but ABANDONNÉ
-télécharger des tounes hots sur iTunes à partir des magazines achetés ce mois-ci EN COURS
-régler la question des impôts PRESQUE FINI
-sortir le recyclage FAIT, DEUX FOIS
-remplir et envoyer mon formulaire de passeport À FAIRE
-étudier le programme que ma prof de yoga m'a concocté FAIT MAIS PAS MIS EN PRATIQUE
-répondre à mes courriels FAIT
-dessiner si le coeur m'en dit FAIT
-accorder ma guitare et voir si je suis encore capable de jouer les 2 tounes que je connaissais À FAIRE
-faire le ménage du printemps de la partie non-finie du sous-sol COMMENCÉ
-marcher FAIT MAIS PAS AUTANT QUE JE L'AURAIS VOULU
-aller faire des emplettes pour le souper et acheter quelques trucs à la pharmacie FAIT MAIS IL FAUT Y RETOURNER POUR DES MOUCHOIRS

Univers parallèles: Le Jour où la Terre s'arrêta

Sur le bord du précipice, nous changeons, déclare le personnage ultra-émotif de Keanu Reeves dans ce film.

Je me suis demandé, il n'y a aucun doute que je suis sur le bord du précipice mais ai-je changé? Ai-je changé significativement pour survivre à la maladie? Ai-je vraiment changé mon mode de vie?

J'ai des doutes. La force de l'inertie est puissante, même au bord du précipice.

Vendredi saint

(le message précédent était le 200e de ce blogue, yé!)

Vendredi, un peu par frustration, un peu par solidarité, j'ai fait voeu de silence pour la journée. Je n'ai pas parlé jusqu'à samedi matin. Voyez-vous, j'ai un vieil ami qui, par tradition, ne mange pas la journée du Vendredi saint. Il se fait venir un gros repas de malbouffe à minuit. Mon état de santé ne me permettant pas de l'accompagner dans ce jeûne, j'ai choisi une autre voie pour exprimer ma ''piété''. Quand on ne parle pas, on ne blasphème pas. Quand on ne parle pas, on ne dit pas de médisances, ni de mensonges. Quand on ne parle pas, on ne chicane pas.

Mais j'ai tout de même été dans l'obligation de communiquer et voici l'intégrale de mon calepin pour la journée:

- Chinois ne mange pas, moi je ne parle pas

- Le film avec Keanu Reeves

- La TV m'allume plus

- Pour souper, peu importe, de la poutine, du poulet, une recette, peu importe

- Il est quel heure?

- Louer un autre?

- Dessert? Lait

- Une grosse poutine + 1 hotdog all dress

- Frites épicerie?

- Poutine maison?

- Il ne sort pas de la pièce parce que la balayeuse est sortie

- Pas de place ailleurs

- As-tu mon autre papier?

- Je le veux

- J'aimerais avoir un LA-Z-BOY

- Je ne comprend rien au film

- Tu le jeteras, moi = urne

- OK je ne parle plus

- Il connaissait son groupe sanguin

Je me rend compte qu'on parle beaucoup pour ne rien dire, vous ne trouvez pas? On écrit aussi pour ne rien dire. 200 billets sur ce blogue, ce n'est pas rien.

Jeudi saint

Midi: chicane à propos des T4 égarés.

Soir: chicane à propos de savoir qui devrait sortir de l'auto pour aller acheter des rafraîchissements au dépanneur avant de se taper une heure de route pour revenir à la maison

Vendredi matin: mal à mon côté droit, même chose que d'habitude: crampe, point, douleur imprécise.

Morale de cette histoire, il ne faut pas se chicaner.

mercredi 8 avril 2009

Moi, vu par mes enfants

Je ne vous avais jamais parlé de mes madames de l'université? Pas vraiment des madames mais pour les enfants, oui. Il s'agit de deux étudiantes de l'université de Montréal qui sont inscrites pour devenir des ''super-infirmières''.

Moi et ma famille avons collaboré avec elles pour un cours de sociologie (je pense) où sur une période de deux mois, elles devaient nous poser des questions à propos de ma situation tout en filmant pour vérifier leur performance par la suite en compagnie de leur professeur et du reste des étudiants de leur cours. Tant qu'à ne pas pouvoir donner mon corps à la science, aussi bien donner mon esprit. Haha.

Hier était la dernière rencontre et nous avons joué à un jeu avec les enfants. Il s'agissait de répondre à une série de questions séparément et comparer les réponses par la suite. Voici le résultat pour mon cas. À noter pour le #13 que selon le vieil adage, la vérité sort toujours de la bouche des enfants.

1) Quel est la couleur préférée de Papa?
Bleu

2) Quel est le mets préféré?
Pepsi

3) Quelle est la plus belle qualité?
Bon à la Wii, drôle quand il fait le Grand Antonio

4) Quel est le film préféré?
Star Wars

5) Quel est le dessert favori?
Le gâteau

6) Qu'est-ce qui fait pleurer?
Nous voir se chicaner

7) Quel est le sport préféré?
Football

8) Quel est l'acteur préféré?
Sylvester Stallone

9) Quelle est la saison préférée?
Été

10) Si tu avais à te comparer à un animal lequel serait et pourquoi?
C'est une autoquestion où j'avais répondu l'ours et le chat.

11) Quel est ton chanteur/euse préféré(e)?
Coldplay

12) Quelle est la plus grande peur/phobie?
Qu'on se fasse mal ou kidnapper, être plus malade.

13) Quel est le plus grand défaut?
???

14) Qu'est-ce qui fait perdre patience?
Une chambre pas propre

15) Qui est le plus grand confident?
Son docteur

16) Qu'est-ce qui fait le plus plaisir?
Guérir, qu'on ne se chicane pas pour deux mois.

17) Si tu avais une baguette magique, quel serait ton désir?
De posséder tous les films de Star Wars.

Nos Z'amours



Aujourd'hui était le 40e anniversaire du premier match des Expos de Montréal dans le baseball majeur. Je n'étais pas né mais le bruit de la balle sur le bâton se faisait entendre à l'extérieur des États-Unis pour la première fois au niveau majeur. C'était le 8 avril 1969. Une victoire de 11-10 au Stade Shea à New York.

Pour le lectorat féminin de ce blogue, c'est certainement avec beaucoup d'indifférence que vous accueillez cette importante nouvelle historique mais pour moi et plusieurs autres, j'ai eu un petit pincement au coeur, comme toujours.

À chaque printemps depuis le départ des Expos pour des cieux washingtoniens (mais heureusement, pas plus bleus), je me sens triste de ne pas connaître l'effervescence du début de saison comme avant, de ne pas me réjouir à la perspective d'amener mes enfants au Stade, de ne plus avoir d'espoirs démesurés au camp d'entraînement et finalement, d'être amèrement déçu à la fin de la saison, comme à toutes les années.

Quand j'étais petit, je me souviens que mon joueur préféré était Gary Carter, comme beaucoup de gens, mais je ne m'identifiait pas tellement à lui comme joueur parce que je n'aspirais pas à devenir receveur dans mon équipe pour la simple raison que...j'avais peur de la balle.

Le poste de deuxième-but était beaucoup plus fait pour moi, on avait le temps de voir venir les roulants et il ne fallait pas avoir un bras à tout casser. Au bâton, mes aptitudes étaient sous la moyenne. Alors mon idole était Doug Flynn, qui a la distinction de n'avoir frappé que 7 circuits en 11 ans de carrière dans les majeures, dont 4 saisons à Montréal (ce que je viens d'apprendre, hahaha).

Il faut croire que je m'identifiait beaucoup à ce joueur car je me souviens qu'en 6e année, la professeure d'anglais, Mrs Hébert, avait eu la très bonne idée pédagogique de changer nos prénoms pour des prénoms anglophones. J'avais donc choisi Doug mais tout le monde me niaisait parce qu'ils pensaient que ça voulait dire ''chien''. Incultes linguistiques, béotiens de la langue de Shakespeare. J'aimais Doug et j'aime toujours les Expos, nos Z'amours.
ps ma photo, Larry Parrish ou Bill Lee?

Dépression

Il me faut un rayon de soleil. De la vitamine D. De la chaleur. De l'air frais.

Il me faut le printemps. Mes os n'en peuvent plus, mes poumons non plus.

Nous sommes mercredi après-midi, il tombe des grains de NEIGE, le chauffage fonctionne à plein régime, l'humidité m'a réveillé de ma sieste. L'hiver de force.

dimanche 5 avril 2009

Twilight: la fascination


Je suis content que le film soit sorti. Le look anémie est maintenant à la mode. Il ne me manque que le rouge à lèvres.


Univers parallèles

Je commence un nouveau billet qui s'intitulera ''Univers parallèles''. Il s'agit de discuter sur ce blogue d'un produit culturel consommé par moi mais avec les yeux d'un cancéreux. Ça peut sembler nébuleux mais vous allez comprendre.

Nous venons d'aller voir Monstres vs Aliens avec les enfants. Bon film d'enfant malgré le prix (héhé). Vous pourrez voir la ''critique'' sur mon autre blogue de niaiserie (Les Soliloquistes) d'ici quelques jours.

Mais je n'ai pu m'empêcher d'éprouver des sentiments. Sans vouloir vous raconter tout le film, disons qu'il y a une scène de mariage où un père mène sa fille à l'autel. Je ne peux m'empêcher de penser que, à moins d'un miracle, ce sera quelqu'un d'autre qui sera à ma place lorsque l'une de mes filles décidera de se marier. Au mieux, elle aura tout de même de fortes pensées pour moi. Au pire, je ne serai qu'un souvenir flou mal dégrossi par le temps et ce que les autres auront bien voulu raconter à mon sujet. Malgré ce blogue, malgré mes précautions, malgré mes espoirs.

Des fois, tout me ramène au cancer. La maladie est partout. Même dans les films d'enfants.

mercredi 1 avril 2009

Alerte au pipi rouge

Je suis en traitement cette semaine et à tous les jours avant ma chimio, je dois faire un test d'urine afin de voir si ma vessie n'est pas trop endommagée pour continuer. Normalement, tout est ok.

Mais aujourd'hui, j'ai eu une mauvaise surprise. J'ai fait la chose machinalement et en revenant, j'ai mis le petit pot sur ma feuille près de ma carte:


Lise, en collant l'étiquette informatisée sur le petit pot : Coudonc Benoit, ton urine est bien rouge. On fait des tests pour voir s'il y a du sang dedans...


Moi : Je ne sais pas trop ce qui se passe, hier soir tout était correct.


Lise : Ben là, on va envoyer le pot et ils vont faire des analyses, c'est rouge pas mal.


Moi : C'est peut-être ce que j'ai mangé pour soupé hier...


Lise : Tu as mangé quoi?


Moi : Du poisson.


Lise : Quelle sorte de poisson, ma foi?


Moi : Ben...du poisson d'avril.


Lise : Ah mon toé-là...


Subtilement vous aurez deviné, chers lecteurs, j'avais vidé du jus de fruit dans mon petit pot au lieu de ma vraie urine.


Quel farceur malgré tout!


Sur la photo, Lise, l'une de mes nombreuses infirmières préférées (pas de jalouses!)



lundi 30 mars 2009

Chère Sylvie


Chère Sylvie, quand je suis arrivé au salon funéraire et que je t'ai vu, frêle mais paisible, dans ton cercueil, je ne te cacherai pas que je n'ai pu m'empêcher de penser à moi. Je me suis vu à ta place et j'ai prié. Mais j'avais la tête et le coeur ailleurs.


Chère Sylvie, quand je suis arrivé au salon funéraire et que j'ai vu tes deux belles grandes filles, dignes, fortes, sensibles, j'ai pensé à toi et à comment tu devrais être très fière d'elles.


Chère Sylvie, quand je suis parti, je t'ai demandé d'amener mon cancer avec le tien mais je sais que ce pouvoir n'est pas entre tes mains. Je t'ai demandé alors un signe d'encouragement, afin de me permettre de continuer car je ne me sens pas bien physiquement et psychologiquement ces jours-ci. Tu me l'as donné.



Chère Sylvie, j'ai une demande égoïste à te faire. ''Veille sur nous'', tes filles et mon frère t'ont demandé. Veiller sur eux ça doit vouloir dire de ne pas les soumettre à d'autres funérailles cette année, j'imagine, si tu vois ce que je veux dire...tu peux ricaner car tu étais certainement une très bonne ricaneuse.


Chère Sylvie, en échange, je te promets que je vais ici m'occuper de mon frère et de vos filles, du mieux que je peux.


Chère Sylvie, même si peut-être tu n'y croyais pas autant que moi, tu es partie vers l'autre monde et je suis sûr que tu vas me guetter une place. Et que tu vas trouver les meilleurs endroits pour relaxer sans pilules, sans tisanes, sans morphine, sans sac magique. Trouver les meilleurs restaurants pour enfin jouir pleinement de la nourriture sans engraisser et sans nausées. Trouver les meilleurs endroits pour se baigner ou faire du ski dans de la neige soyeuse comme les nuages.


Chère Sylvie, n'aie pas peur, je serai là un jour et nous nous moquerons des vivants et de leurs éternelles batailles dans la vie. Nous pleurerons aussi tous les succès de nos enfants respectifs, pleurer parce qu'elles ne sauront pas comment nous sommes tellement fiers d'elles, là-haut, comment elles nous manquent toujours terriblement, comment nous les aimons, tout simplement. Et un jour lointain, très lointain, ils viendront enfin nous rejoindre. Mon frère, ma blonde.


Chère Sylvie, je te laisse sur une chanson des Cowboys Fringants que tu connais très bien:


''Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester

De notre p'tit passage dans ce monde effréné ?

Après avoir existé pour gagner du temps

On s'dira que que l'on était finalement

... Que des étoiles filantes''


ps j'aurais aimé que ce texte soit plus beau mais c'est le mieux que je puisse faire.

vendredi 27 mars 2009

Citation


Pour illustrer le propos de mon billet précédent à propos du divorce et de son dos très large, voici une citation tirée du livre ci-contre:


''Alors que vous vous débattez avec les mises au point entourant le divorce, le ressentiment et les blessures émotionnelles ne vont pas nécessairement disparaître parce que vous ne vivez plus avec votre époux. Il peut plutôt y avoir de constants rappels des vieilles peines. Il y a aussi de nombreuses occasions de subir des peines additionnelles. Votre partenaire avait la charge des poubelles ou de voir à ce que les enfants aient des vêtements dont ils avaient besoin et qu'ils aimaient. Quand vous sortez les poubelles avant d'aller au travail, que le sac déchire, que la sauce tomate tache votre vêtement et le plancher, il est facile d'en vouloir à votre ex pour vous avoir mis dans cette situation.''
(p.33)

La mort rôde

Mercredi, à la télé, Lyne-la-pas-fine meurt et dans la vie, mon frère qui m'envoie un texto à 0h18 pour m'annoncer que la mère de ses enfants, son ex, ma belle-soeur pendant 20 ans, est décédée à 22h58, entourée de ses deux filles (15 et 16 ans). Elle combattait un cancer depuis novembre 2006. Il m'avait dit mardi que les prochains jours allaient être difficiles.

Pas besoin de vous dire que ça m'a mis down un peu pas mal. Si je n'ai pas utiliser les mots ''mort'' et ''mourir'' dans mon dialogue intérieur 3500 fois chacun depuis ce temps, je ne les ai pas utilisé une fois.

Et puis hier, ma fille de 9 ans fait une crise terrible au service de l'aide aux devoirs. Et conséquemment, je me pogne solide avec mon ex au sujet de la présence de mes filles aux funérailles de leur ancienne tante, de la mère de leurs cousines. Je crois qu'elles devraient être présentes aux funérailles par solidarité et peut-être déclencher des discussions qui me mènera à répondre à leurs questions. Mais Madame pense que je devrais leur ''épargner ça après le divorce, leur grand-mère, ta grand-mère.'' Le divorce? The original sin, je lui répond. Il a le dos large celui-là. Tout est de la faute du divorce, même si ça fait six ans.

F*&k off, elle me répond, devant les filles qui commencent à pleurer. Get out of my house, qu'elle me dit. Je sors. Mes filles pleurent dans la fenêtre. Belle scène.

Ça s'annonce bien. Quoi, mes filles ne viendront pas me voir sur mon lit de mort parce qu'il faudra les protéger? Leur père va partir et elles ne le verront pas?

Des fois, j'ai hâte que tout finisse.

Mes zaaamis

Parmi mes nombreux Dubious Achievement (accomplissement douteux) dans la vie, il y a celui, à l'âge adulte, d'avoir été arrosé par une moufette.

Donc à chaque fois que nous voyons un animal de cet espèce à la télé ou sur le bord de la route, ma conjointe dit toujours, tiens, voilà un de tes zaaamis.

L'autre jour, je vais conduire ma plus jeune à l'école et pour une raison inconnue, elle me dit, ''toi papa, tu en as des zaaamis, hein?''

Et moi de répondre, ''oui, papa en a des zaaamis'', ne voyant pas du tout où elle s'en allait avec ça.

Elle: ''toi, tes zaaamis, c'est les moufettes''

Moi: ''...''

Nouveau modèle de blogue

Je trouve que ça fait printemps, Pâques, renouveau, aéré, vivant, clair? J'aime.

Gros échange

Comme nous avons pu le constater dimanche soir à Star Académie, Éric Lapointe vous a quitté pour rejoindre mon équipe, les Abstinents.

Lorsque j'ai rejoint un de mes chums pour lui annoncer la nouvelle, il m'a dit qu'il se souvenait de moi surtout comme Éric Lapointe, AVANT qu'il change d'équipe.

Ça va faire un an dimanche prochain que je n'ai pas pris une goutte d'alcool. Je ne pensais jamais que ça m'arriverait un jour.

jeudi 26 mars 2009

Mad Dog

L'un des avantages d'être malade est qu'on peut laisser la coquetterie quotidienne de côté. Pas besoin de se laver quand ça ne nous tente pas (ex.en se levant avant d'aller travailler), pas besoin de s'habiller propre. Porter des cotons ouatés? Bien-sûr, surtout le premier du mois pour me (mor)fondre dans la faune urbaine de mon village.

Des nouveaux vêtements? À part les deux polos de taille moyenne que j'ai acheté l'an dernier à ma sortie de l'hôpital, je ne me suis pas procuré de vêtements depuis. Un total laisser-aller de ce côté. Il faut dire que je commence à être écoeuré de mes quatre paires de jeans mais le temps des bermudas s'en vient.


De la pommade pour le cheveux? Je ne me souviens plus de l'effet que ça fait de coiffer. Je vous le dis, je n'ai aucune idée.


Parfum? Seulement pour les sorties spéciales. Exemple quand je suis allé voir Malajube il y a deux semaine et quand j'irai voir Éric Lapointe samedi soir.


Enfin, tout ça pour vous dire que je suis très fier de ma barbe. Avec ma tête que je vais raser ce soir, ça va me donner un look Mad Dog Vachon.

6/49

Mardi, je suis allé luncher chez McDo et j'ai trouvé un os dans une McCroquette.

Puis en arrivant chez moi, ma conjointe m'a dit qu'une dame avait appelé le midi pour savoir si je pouvais graver une pierre tombale. Elle avait eu mon nom de son oncle qui habite à Asbestos.

Pensez-vous que j'aurais dû m'acheter un 6/49?

samedi 21 mars 2009

La malédiction de l'Ensaignantmobile

Lundi, je lis ce texte à propos des irritants dans l'Enseignantmobile. Et que se passe-t-il mardi avec mon auto? Le ''check engine'' s'allume après quelques kilomètres. Attention.

vendredi 20 mars 2009

Réponse à Laborantine

Voici un message que j'ai eu en février. Je m'excuse de n'y répondre que maintenant mais ça m'a laissé perplexe pendant longtemps.

''Ma mère a déjà eu un diagnostic cancer du sein, ça se termine tres bien son histoire d'ailleurs. Mais pourquoi j'ai le sentiment qu'un jour moi aussi parce que je suis sa fille?

- J'ai peur de la mort et je ne veux pas l'admettre...(ds ma conscience je n'ai pas peur du tout)
- Parce qu'on arrête pas de nous demander nos antécédents?
- Parce que je culpabilise? ''

Je ne sais pas quoi écrire. Je pense que si tu ne fais que penser à ça, tu te culpabilises, tu vas te rendre malade, c'est évident. Par contre, avec les inquiétudes que tu me décris, ça doit être difficile.

Je veux parler de mon cas. Mes parents sont cancer-free malgré leur âge (78 ans pour mon père et 75 ans pour ma mère). Mais ma soeur a eu un cancer au début de la quarantaine et elle se porte très bien aujourd'hui à 53 ans.

On peut donc dire que cette maudite maladie frappe de façon plutôt aléatoire. Mais pas tout à fait. Il y a un terrain fertile pour le cancer.

J'ai été diagnostiqué d'un cancer à 36 ans. Je n'ai jamais fumé de ma vie mais j'avais un emploi stressant, je n'étais pas trop en forme, je ne pratiquais pas de sport à part la balle-donnée (quel athlète) et je mangeais très mal. Et dans les cinq dernières années, je me suis divorcé et j'ai perdu un emploi.

Je t'inviterais donc à consulter deux livres qui pourraient t'aider. Le premier est Anticancer, de David Servan-Schreiber et le deuxième est La mort, ça s'attrape ? - Identifié dans la vie, identifié dans la mort de Jean Montbourquette. Le premier traite du ''terrain'' et le deuxième abonde dans le sens de la prédisposition des gens à vouloir mourir de quelque chose de prédéterminé.

J'espère que ça t'aidera Laborantine!

jeudi 19 mars 2009

Retour aux listes

Ça fait longtemps que je n'ai pas fait de listes. C'est peut-être pour cette raison que je me suis mis à faire des casse-tête (pluriel de casse-tête? casses-têtes? casse-têtes?).



Mon infirmière-pivot m'a dit qu'il faut que je me fixe des objectifs proximaux (tiens, en ce jour de budget provincial, utilisons la langue des bureaucrates), des trucs à faire d'ici 3 à 6 mois.



Mais commençons donc avec ma liste de la semaine, de la journée:



-transférer mes informations de mon agenda bleu 2008 à mon agenda rose 2009

-appeler Bell pour avoir TSN en HD

-dormir

-lire 30 pages de A World Without End (A Book Without End si je ne m'y met pas sérieusement, 1000 pages en anglais, écrit petit comme la Bible)

-charger des tounes de mes CDs de Dave Matthews Band qui traînent sur le meuble de cuisine depuis deux semaines dans ce but

-télécharger des tounes hots sur iTunes à partir des magazines achetés ce mois-ci

-régler la question des impôts

-sortir le recyclage

-remplir et envoyer mon formulaire de passeport

-étudier le programme que ma prof de yoga m'a concocté

-répondre à mes courriels

-dessiner si le coeur m'en dit

-accorder ma guitare et voir si je suis encore capable de jouer les 2 tounes que je connaissais

-faire le ménage du printemps de la partie non-finie du sous-sol

-marcher

-aller faire des emplettes pour le souper et acheter quelques trucs à la pharmacie

Citation II

(traduction imparfaite de moi)

''Un homme va chez le docteur.

Il lui dit que ça ne va pas, qu'il est déprimé, dépressif, qu'il se sent seul dans le monde et qu'il sent que personne ne le comprend.

Le docteur lui répond que ''le traitement est simple, le grand clown Pagliacci est en ville ce soir, vous devriez vous acheter des billets et aller le voir, ça devrait vous remonter.''

Et l'homme se met à pleurer: ''Mais docteur...je suis Pagliacci.'' ''

- Watchmen, Alan Moore & Dave Gibbbons

Citation I

Je ne pensais jamais citer un film de super-héros ici:

''Everyday, the future looks a little bit darker but the past, even the grimy parts of it...well, it just keeps on getting brighter all the time''

- Watchmen, Alan Moore & Dave Gibbons.

mardi 17 mars 2009

Pouvoirs

(Conversation dans l'auto)

MOI: Devinez qu'est-ce qu'on mange ce soir?

MPV: Du steak

MPJ: Du macaroni au fromage

MOI: Coudonc R., tu lis dans mes pensées, on mange du macaroni au fromage...Attendez, je pense à une couleur. À quelle couleur je pense?

MPV: Bleu

MPJ: Rose

MOI: Là c'est B. qui a lu dans les pensées. Je pensais à bleu. Je pense maintenant à un chiffre de 1 à 10.

MPV: 5

MPJ: 9

MOI, en préparant mon mauvais coup: Oups, personne ne l'a, c'est 8. OK, je pense à une partie du corps de M. (ma conjointe, qui conduisait)...

Et MPV, en sortant de l'auto, se pointe la poitrine. Sérieusement, je voulais leur dire que je pensais aux yeux de M. mais j'ai été déjoué, désarçonné. Elles connaissent leur père ces enfants-là.

lundi 16 mars 2009

Heureux d'un printemps

Enfin le soleil. Mais toujours ce maudit vent. Ce petit vent mesquin qui nous rappelle que l'hiver se termine le 21 mars et pas vraiment avant. Et que souvent, on va en tirs de barrage en avril.

Mais tout de même, arrêtons de chiâler. Hier, je suis allé chez ma soeur avec le reste de la famille (minus mes enfants, question de garde partagée) pour fêter l'anniversaire de mon père qui aura 79 ans demain, à la St-Patrick.

Voyez comme c'est drôle avant le Registre de l'État civil du Québec. Le système fonctionnait quand même avec les curés et les paroisses et je dirais même que c'était plus simple pour obtenir un extrait de baptême, moins de bureaucratie.

Ma grand-mère paternelle a toujours dit à mon père, qui se prénomme Réjean, que son vrai nom, puisqu'il était né le jour de la fête des Irlandais, était Patrick (mon père dit ''Patrice'', version française). Ce que mon père a toujours cru, jusqu'à l'âge de 30 ans où il a dû faire sortir un extrait de baptême pour une raison quelconque.

Déception. Point de Patrick. Joseph quelque chose, quelque chose, Roland, Réjean finalement.

Ce n'est qu'un nom finalement. Parlant de nom justement, lorsque mon ex était enceinte de ma plus vieille, on faisait un gag à mon père. Puisque mes enfants ont des racines irlandaises par leur mère, on avait laissé planer la rumeur qu'on nommerait notre enfant, si c'était un garçon, Seamus, excellent prénom typique d'Irlande.

Face à cette terrible nouvelle, mon père était désemparé: ''(chu) pas capable de le dire''. Imaginez, un grand-père incapable de nommer son petit-fils! Et pas par sa faute, par la faute de ses parents inconscients (et surtout moqueurs).

Finalement, ma fille est née et elle porte le même prénom qu'une de mes tantes, la soeur de mon père. Pas compliqué.

Bonne fête 'Pa.

jeudi 12 mars 2009

Voici comment un grand malade s'occupe



Quelles couleurs! Quel relief! Ne vous inquiètez pas, ce n'est pas mon talent d'artiste qui a évolué à la vitesse de la lumière, c'est un casse-tête de 750 morceaux fait en 9 jours à temps perdu, entre deux matchs de bridge, une séance de danse en ligne et 4-5 parties de bingo.

Je pense que c'est mon vieillissement qui s'est accéléré à la vitesse de la lumière. Haha.

Pour ceux qui trouvent l'oeuvre belle, c'est une toile de James Coleman intitulée Portofino Coast et le casse-tête est en vente chez Korvette à 4.99$. Des heures de plaisirs.

ps Et de blasphèmes gratuits aussi, surtout si on cherche pendant des jours un morceau pourtant évident de la fenêtre de gauche du milieu de la maison jaune. Nous pensions que les chats l'avaient mangé.

Qui a pris mon âme, en prenant ses choses?

Je me sentais nerveux mardi matin avant mon traitement. À la limite des nausées. Je ne sais pas, on dirait que c'était comme la première fois. Donc la routine commence. La prise de sang dans mon super trooper pickline (supa-pa, troupa-pa). Visite chez le doc. Début du traitement.

Je choisis la chaise 8, celle de mon idole de jeunesse, pas Doug Risebrough mais bien Cam Neely, ancien franc-tireur des Bruins et membre du Temple de la Renommée du hockey (50 buts en 44 matchs).

Ça me remonte seulement un peu. Puis j'entend la musique qui émane de la radio du poste des infirmières. Et cette toune.

''Aller quelque part s'en aller
Retrouver
L'air et le pollen
Je t'aime

Le soleil emmène au soleil
Le matin au midi
Et les enfants jouent avec la vie''

- J.-P. Ferland / P.Baillargeon, Le soleil emmène au soleil

C'est un signe que tout va bien aller. Je sors mon iPod. Je mets ma playlist Happy 2. Et ça remonte aussi vite que mes défenses, mon attaque et mon hémoglobine. Comme le #8 sur Patrick Roy.

Merci pour ta toune.

Excusez

La semaine passée je ne filais pas bien. Je m'étais développé un espèce d'étirement, point, crampe, caillot, malaise, mal dans la partie droite de ma poitrine. Encore un petit tour de ma tête?

Pourtant, après la bonne nouvelle de mardi dernier, je devais me sentir comme Superman mais non. Je me sentais pas trop d'énergie, flat comme un vieux pepsi oublié sur le comptoir. Il faut dire que mardi dernier, mon hémoglobine était à 75 (bas) et que j'avais refusé une transfusion pour digérer et annoncer la bonne nouvelle. Ça ne me disait pas de passer une journée à l'hôpital non plus durant la semaine de relâche.

Enfin, c'est ce qui a semblé me rattraper car j'ai entretenu ce mal toute la fin de semaine. Vraiment mal, à prendre un cocktail de Tylénol et de Advil aux 4 heures. Avec de la misère à me coucher à l'horizontal.

Exactement les mêmes symptômes qui m'ont forcé à consulter un médecin avant que je tombe malade il y a un peu plus d'un an. C'est ce qui me déprimait en plus. Quoi, un an de chimio et je suis au même point? Et quand je vais arrêter la chimio dans 6 semaines, je vais retomber malade comme ça? La maladie progresse à ce point?

Pas vraiment finalement. Mon traitement et deux transfusions ont suffi et je suis un nouvel homme. Le mal est disparu complètement. Il faut dire que ça a tout de même rendu perplexe le bon docteur N. qui a levé un de ses imposants sourcils suite à la description de mes symptômes et les résultats positifs de mes examens. Je crois que c'était vraiment mon coeur qui en arrachait. Mon hémoglobine était rendue à 67.

En tout cas, fini les refus de sang. Give it to me! Après une trentaine de transfusions, une de plus ou de moins, ce n'est plus mon propre sang de toute façon. Il ne me reste que mon âme.

vendredi 6 mars 2009

Réponses

Vous avez été nombreux à m'envoyer des messages d'encouragement et ma boîte de courriel est remplie. Je vais donc vous répondre dans les commentaires.

Et pour ceux et celles qui étaient -et qui le sont toujours- avec moi en pensée, merci encore!

jeudi 5 mars 2009

La guerre

C'est mon infirmière-pivot qui avait raison. Il ne faut paniquer que devant les faits, même si c'est difficile.

L'oncologue, en m'accueillant dans son bureau m'a dit, les yeux brillants, que ce n'était pas des ''mauvaises nouvelles'' qu'elle avait ce matin. Mes tests sont négatifs. Je n'ai rien sur les os, rien sur mes autres organes. Nous pouvons donc poursuivre ma chimiothérapie dans les plus brefs délais. Il se peut toutefois que les tumeurs ne soient pas toutes disparues lorsque ma chimiothérapie se terminera en avril.

J'étais tranquillement soulagé et ma conjointe, presque hystérique. J'étais évidemment très content mais tout de même calme. Et trois jours après, c'est la même chose, j'ai le même sentiment ''égal''. La guerre n'est pas gagnée et comme en Afghanistan, pour copier l'actualité, il se peut qu'elle ne se gagne jamais.

Ce décalage s'explique peut-être par le cheminement différent que nous avons suivi depuis un an. Mon IP nous a dit que c'était parce que nous n'étions pas à la même étape par rapport au cancer. Je vois les choses différemment.

Enfin, je suis toujours là. Je tousse un peu mais mon appétit revient. Mes traitements vont finir. Je traverserai lorsque j'arriverai à la rivière.

lundi 2 mars 2009

Lundi 22h

Demain je rencontre le médecin vers 9h00. J'ai passé mon scan ce matin. Et on m'a installé un gelco dans le bras pour pouvoir injecter sous pression le colorant qui rend la lecture des cellules anormales possible. J'ai fait cela comme un grand mais l'infirmière était très bonne car elle a réussi du premier coup. Sur ma main en plus où j'ai la peau aussi épaisse qu'une retraitée de 80 ans qui habite en Floride et qui se fait bronzer 2 heures par jour (je pense à la colocataire de Marie a un je-ne-sais-quoi).

Enfin, comment je me sens? Pas si pire dans le fond. J'ai été tellement déprimé dans les derniers jours que je suis prêt à tout entendre, même si au fond de moi, je ne serais vraiment prêt à entendre parler de ma propre mort.

Physiquement, mon appétit a baissé mais j'ai plus d'énergie. J'ai des spasmes et des points dans le dos et la nuque. Je dors relativement bien. Sauf que je ne respire pas aussi bien que lorsque je suivais mes traitements. Et je tousse aussi. Légèrement, mais tout de même.

Dans la déprime et le stress, mange. C'est ce que je vais faire avant de me coucher. Un espèce de trottoir aux framboises, full agents de conservation, gras trans et sucre.

jeudi 26 février 2009

Bonne idée!

Lorsque j'ai lu en diagonale cette nouvelle dans La Presse (je n'arrive plus à retrouver le lien), je me suis dit, tiens, je pourrais faire la même chose et aller me chercher 5000$ dans le 7 jours.

Mais dans ma lecture en diagonale, je n'avais pas remarqué que Jade Goody était une ancienne star de téléréalité ET du monde impitoyable de la presse people du Royaume-Uni.

Dommage...

Il me restera toujours la télé québécoise. Décore ta vie peut-être? Le Banquier? À la Di Stasio? Non c'est vrai, Annie et ses hommes. Pas besoin de vous dire que ce ne serait pas un rôle de composition.

ps on m'a cependant rapporté que dans cette émission, l'ami de Maxime souffrait du même cancer que moi.

Salut Foglia

Tiré d'une chronique de Pierre Foglia dans La Presse:

''À partir de là, on s'est vu plus régulièrement. Il s'est mis à m'entourer d'attention, à me traiter avec une délicatesse si inhabituelle dans nos rapports que je lui en ai fait l'observation un midi qu'on dînait chez Plumet : Pierre, tu me ménages comme si c'est moi qui allais mourir...

C'est pas toi qui vas mourir, mais c'est toi qui as peur de la mort, c'est pour ça que je te ménage, que je fais attention de ne pas trop te faire freaker. Cette fois-là, j'ai pleuré dans l'auto en revenant.

Il a pris grand soin de tout son monde, sa femme, ses filles, ses amis. Il a tout bien mis en ordre avant de s'en aller, comme un grand garçon. Nos amis ne meurent pas pour rien. Ils meurent pour nous apprendre à mourir.''

Je ne connais rien de la mort. Je ne l'ai jamais fait. Je n'ai aucune expérience. Je n'ai jamais même vu personne mourir.

Femme, filles, amis, lecteurs, comment je vais faire pour vous apprendre?

La mort

(je voulais déjà, avant les événements, recopier ce passage du livre de David-Servan Schreiber)

''Avec soulagement, nous avons appris que la morte n'est pas douloureuse en elle-même. Dans les derniers jours, on cesse d'avoir envie de s'alimenter et de boire. Le corps se déshydrate alors progressivement. Plius de sécrétions, donc plus d'urine, plus de selles, moins de phlegme dans les poumons. Donc moins de douleurs dans le ventre, moins de nausées. On ne vomit plus, on ne tousse plus. Tout le corps se calme. La bouche est souvent sèche, mais il est facile de se soulager avec des petits glaçons ou un tissu mouillé. Une fatigue s'installe, et l'esprit se détache, le plus souvent avec le sentiment de bien-être, parfois même une euphorie. On a de moins en moins envie de parler à ses proches. Simplement de leur tenir la main et de regarder ensemble la lumière du soleil par la fenêtre, ou d'écouter le chant d'un oiseau, ou une musique particulièrement belle. Dans les dernières heures, on entend parfois une respiration différente qu'on appelle le ''râle''. Et puis, il y a généralement quelques dernières respirations incomplètes (les ''derniers soupirs'') et des contractions involontaires du corps et du visage qui semble se rebeller contre la disparition de la force vitale. Elles ne sont pas l'expression d'une souffrance, mais simplement la manifestation du manque d'oxygène dans les tissus. Puis les muscles se relâchent, et tout est terminé.'' (D.-S.Schreiber, Anticancer, Paris (France), Éd.Robert Laffond, 2007, p.278)

Je m'excuse, ce paragraphe est certainement morbide pour vous mais ce passage me permet de désarmorcer la peur de la mort. Lutter contre le cancer, c'est entretenir l'étincelle de vie en nous et non combattre obligatoirement la mort qui est inévitable de toute façon.

La suite

Vous semblez abasourdis? Moi aussi.

Sur le coup, l'oncologue a été très compréhensive, très humaine. Elle m'a montré la radiographie en question.

Parenthèse: lorsqu'on pense à des radiographies, on a en tête les images de la télé et du cinéma où le médecin montre des grandes photos sur un genre de projecteur lumineux et que nous, le patient, nous partageons toute cette information. Et bien non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. D'abord, c'était la première fois que je voyais mes propres poumons après 12 mois de captivité mentale. Et ça ne se fait pas au mur mais sur un écran d'ordi.

Et elle a comparé la radiographie de janvier 2009 à celle de novembre 2008. Effectivement, la tache de mon poumon droit semble -est?- plus grande qu'avant, même après quelques traitements. Elle nous montre ensuite la radiographie de janvier 2008, au tout début de ma maladie. Il n'y a pas de comparaison possible, la tache en question a diminué de 50% à peu près et mon poumon gauche semble beaucoup plus clean.

''C'est peut-être une vraie alerte ou une fausse alerte mais nous voulons être plus sûr avant de continuer'', dit-elle en me regardant dans les yeux.

Je suis sorti du bureau avec deux demandes d'examen. Une scintigraphie osseuse et un scan. La scintigraphie a été passé lundi dernier, j'y reviendrai, et le scan sera fait lundi prochain. Le gentil docteur me reverra dans son bureau mardi prochain, 3 mars, avec les résultats.

J'ai essayé d'appliquer tout de suite les trucs de mon infirmière-pivot, c'est-à-dire de ne pas paniquer tout de suite, de me stresser que lorsque nous serons confrontés aux faits. Dans ce cas-ci, une fois que les examens complétés et les résultats connus.

Mais disons que le désespoir, la peine et la déprime ont eu raison de mes bonnes intentions dans les heures, les jours qui ont suivi. Je commence à peine à reprendre le dessus.

mercredi 25 février 2009

Après un Kovalev de presque deux semaines

Non, je ne suis pas mort mais j'ai l'impression que ça s'en vient. Je blague mais pas tant que ça.

Voyez-vous, tout allait pour le mieux le weekend précédent mon prochain traitement, qui était dû pour le 16 février. Je me sentais bien, un peu anémique, mais mentalement et physiquement, tout baignait dans l'huile. Jusqu'à ce que je rencontre l'oncologue avant mon traitement. Elle n'arrêtait pas de me poser des questions sur ma respiration, une toux possible, des maux probables. Et ma réponse à toutes ces questions hypothétiques était un NON sans équivoque.

''C'est parce que selon votre dernière radiographie, il y a une tache qui n'a diminué et qui selon le radiologiste, a même grossi.''

vendredi 13 février 2009

Mon mur des célébrités

Voici les célébrités avec lesquelles j'ai une courte relation:

  • Évidemment, comment passer à côté, je suis le petit cousin de l'animateur Éric Salvail. Nos pères sont cousins germains et ils ont passé une bonne partie de leur vie adulte à se cotoyer à la pêche ou à la taverne. Curieusement, la dernière fois -et la seule fois à vrai dire- que j'ai vu mon petit cousin, nous étions avec nos mères respectives au Winners sur le boulevard Taschereau. Très glam.
  • Mon neveu a joué une saison avec Marc-André Fleury, le gardien des Penguins de Pittsburgh. Ce fût assez pour que les deux restent des connaissances et que mon neveu visite le joueur-vedette à Pittsburgh il y a quelques années.
  • Restons dans le hockey, j'ai eu durant mon secondaire Éric Furlatt dans ma classe. Qui est-ce? C'est le gros arbitre joufflu de la Ligue Nationale. Je regarde sa photo, pas si joufflu que ça finalement.
  • Martin ''Leroy'' Roy, la personne juste avant moi dans mon album de finissant? Bassiste de Daniel Bélanger.
  • Christian Gauthier, l'animateur de radio? Il a été engagé dernièrement pour faire la même job que moi.
  • Je suis aussi ami sur Facebook avec un gars qui se nomme Winston Chan et qui a 1787 amis.
  • Comment l'oublier? J'ai aussi dormi pendant un an dans le même dortoir que Denis Villeneuve, le réalisateur de Polytechnique. Il faisait de l'impro au ralenti à cette époque et couchait dans la section du dortoir qui se nommait ''le Bas-Canada'', réservé aux gars de secondaire 5.
  • L'En Saignant? Un très bon ami d'enfance avec qui j'ai pris ma première bière. La serveuse est resté perplexe quand je lui ai dit: ''une bière'' sans spécifier la sorte. ''Une Cinquante'', ai-je précisé quelques secondes plus tard sous les rires de mes copains.

Pourquoi un tel billet? Je ne sais pas. Je pensais à Denis Villeneuve avec la sortie du film.

Il faut aussi souligner que je serais sur le mur des célébrités d'aucune des personnes ci-haut mentionnées. :-)

Moi et Mon Gros Tas

Il se couche sous le lit. Et ne sort qu'à l'aube et aux heures des repas. Mais durant l'après-midi, si je vais me coucher, il bondit doucement sur le lit pour me tenir compagnie, presque en volant. En fait, c'est plutôt pour me squatter qu'il agit ainsi. Il se couche sur moi de manière à aligner mon sternum et son centre de gravité. Très zen. Très yoga. Mais il me tourne son gros dos rond. Il me fait la gueule. J'ai les mains sous les couvertures. Je ne le flatte pas. Il me regarde par dessus son épaule avec ses gros yeux verts, l'air bête, c'est le cas de le dire. Il est assez pesant. Au but de vingt minutes, je me tourne. Il prend une légère débarque mais reste tout de même près de moi, au cas-où je mourrais ou bien que je me mettrais à le flatter. J'aime penser que c'est la première option mais je sais que son intelligence est limitée. Mais je suis sûr que son intuition est sans limite. Il sait que je suis malade. Il sait que je suis son compagnon de jour. Que je suis son humanothérapie.

C'est mon chat. C'est mon Whippet. C'est mon gros épais à moi.

jeudi 12 février 2009

Petit jeudi

Vous voyez, il y a de ces jours. Aujourd'hui, je suis presque incapable de me lever, même si ma plus vieille m'a téléphoné à 7h30 pour me demander si je voulais toujours mon toutou des Expos (Youppi! je présume). Je lis dans ses pensées. Le toutou est un prétexte pour me parler. Oui, Papa le veut, tu l'amèneras mardi prochain, même si c'est rendu la mascotte du Canadien.

Donc, en résumé, mal de tête, mal de gencives, ulcère dans le fond de ma bouche, sur ma langue, ce qui me force à parler sur le bout de ma dite langue. Je ne suis pas trop sûr non plus de ma température corporelle. J'ai froid.

Je me suis trainé hors du lit à 9h, impatient de savoir si ma 30e équipe préférée a encore perdu. Oui, 7 à 2. Je me réjouis. Pour fêter, je mange un bol de yogourt sans gras. Et je m'enfile deux advils pour m'enlever la douleur aux gencives et à la tête. Le comptoir est dégueulasse, la poubelle est pleine, la lave-vaisselle est vide.

Et je retourne me coucher, non sans m'être gargariser la bouche avec le Super Magic Mouthwash 2009. Une recette magique au goût de sirop pour la toux, prescrit par le pharmacien du département de l'oncologie. Je fantasme sur le fait que peut-être Marthe, la très jolie pharmacienne du village, a concocté ce mélange délicieux seulement pour moi. Je vous épargne comment elle était habillée. Je m'endors tout de suite.

À midi, je me lève finalement. Ma conjointe est arrivée du travail. Elle mange un fajitas au jambon. Le comptoir est toujours aussi dégueulasse. Je m'habille. Je me sens un peu mieux. Elle quitte pour retourner travailler. Je mange des pérogies (pierogi). Franchement, c'est très bon, même sans crème sûre. Je m'attaque ensuite à terminer LOST 4.

Enfin, je vous écris présentement. Le comptoir est propre, la poubelle est vidée, mon thé vert est bu, le lave-vaisselle est rempli, le recyclage est dans le bac dehors, LOST est fini, Entourage 4 est commencé, les filets de porc marinent, les livres sont retournés à la bibliothèque.

Petit jeudi qui est devenu grand.

mercredi 11 février 2009

Se programmer?

Un lecteur me demandait à propos de mon billet Réponses - nausées: ''Se programmer qu'on s'en sortira, ou y aller au jour le jour, sans se créer d'attente?''

C'est le grand paradoxe de cette maladie. Vivre au jour le jour tout en gardant un oeil sur The Big Picture. Profiter de chaque instant, même si c'est un cliché. Profiter de la vie à chaque jour. S'occuper. Se reposer. Réfléchir.

Ça va mal? Demain sera un autre jour. Ça va encore mal? Se coucher. Ça va vraiment mal? Manger.

Aligner ainsi les jours comme le Canadien alignent les victoires (pas vraiment) et se retrouver finalement un an plus tard, mieux.

Se projeter ensuite dans le temps. Se voir vieux. Visualiser une vie en santé comme les athlètes visualisent les podiums.

Se voir avec ses petits enfants. Se voir dans un potager ensoleillé. Se voir comme le monsieur toujours en train de s'asseoir dans la pub d'une banque. Se dire pourquoi pas?

samedi 7 février 2009

Toutes proportions gardées

J'oubliais de vous dire. Quand je suis allé voir Slumdog Millionnaire mardi le 27 février, j'étais dans ma semaine de traitement. C'était bizarre.

En oncologie, nous étions 4 jeunes en bas de 40 ans et au cinéma, j'étais à peu près le seul jeune parmi 240 ''vieux''. On est allé se faire une danse en ligne après.

C'est le monde à l'envers. Comment s'épelle le mot ÉPIDÉMIE?

lundi 2 février 2009

Réponses - nausées

De l'Aubergiste en devoir: est-ce que les traitements me donnent la nausée? (à voir ce que je mange)

Non, je n'ai pas vomi un seule fois durant mes 42 semaines de traitement. Je n'ai eu que très peu de nausées aussi et je pense qu'elles étaient plus dûes au stress et à la nervosité qu'au traitement lui-même. Au risque de me répéter, mon système digestif été bien entraîné par la Molson et la malbouffe.

Lorsqu'on apprend qu'on a le cancer ou qu'un de nos proches a cette maladie et qu'on commence à parler de chimiothérapie, tout le monde associe cela à des nausées. Par expérience, je pense que tout le monde est différent mais il ne faut pas partir avec l'idée qu'on va vomir nos tripes à tous les jours pour toute la durée du traitement. La science et la pharmacologie ont beaucoup évolués depuis 15 ans et on contrôle beaucoup mieux ces aspects désagréables. Avoir peur du cancer, c'est une chose mais il ne faut plus avoir peur de la chimiothérapie à cause des nausées possibles.

Une chose que j'ai apprise depuis un an, c'est qu'il faut arrêter de se programmer. Si on se dit qu'on va être malade, on va être malade c'est sûr.

Cela dit, je rapporte dans ce blogue mes plus mauvaises expériences avec la malbouffe mais j'ai modifié assez substantiellement depuis quelques mois mes habitudes quotidiennes face à nourriture. Comme dit le bon docteur Béliveau, ce n'est pas le hotdog, la frite et le coca une fois par mois à l'aréna du quartier qui causent des problèmes, c'est la chronicité de ces mauvaises habitudes qui fait que nous sommes en mauvaise santé.

Je reviendrai sur mon régime de vie.

Réponses - alcool

J'aimerais prendre quelques paragraphes de ce merveilleux lundi où je reviens d'aller prendre une marche de santé de 15 minutes après un petit séjour en médecine ambulatoire pour ma 30e transfusion sanguine à vie.

Je suis suis zen, je sirote un thé vert.

On m'a posé quelques questions ces derniers mois:

De l'Aubergiste en devoir: si je prenais de l'alcool, quels seraient les effets secondaires?

Je ne sais pas. Il ne déconseille pas nécessairement de couper complètement l'alcool car dans certains cas, une bière ou un verre de vin ouvre l'appétit. Heureusement, je n'ai pas ce problème, d'ouverture d'appétit je veux dire, pas d'alcool.

Quand j'ai eu mon diagnostic à la fin de janvier 2008, j'ai tout de même continuer à prendre une bière de temps en temps jusqu'au 29 mars dernier. Sauf que je ne sais pas, ce n'était pas pareil. L'alcool enivre et puis déprime. Quand on a le cancer, on aime le premier feeling mais on a pas besoin d'en rajouter pour le deuxième.

Et à partir du moment où j'ai commencé mes traitements, je voulais vivre pleinement mes effets secondaires. Pas volontairement, mais avec l'objectif d'être conscient de mon corps. Si je me levais un matin et que j'avais mal à la tête, mal au coeur ou mal partout, je voulais être certain que c'était le traitement et non le bon vin vissé du dépanneur.

Et surtout qu'au début, j'avais peur de mourir subitement d'un ACV, d'une crise cardiaque ou d'une phlébite. Donc je voulais être aux aguets.

Ne pas prendre d'alcool a été ma décision et j'en suis fier. Je pense que cela a été positif. Je suis un bon buveur social. Je suis du genre à prendre une douze lors d'une activité, comme un party du SuperBowl par exemple. Ou bien 5-7 bières dans un 5 à 7. Ou une vingt-quatre dans une activité de pêche sur la glace.

Continuer à virer des brosses aurait été comme un drapeau blanc face à ma maladie. Dire, je ne vais pas m'en sortir alors je vais en profiter pour vivre ma vie pleinement, au boutte, quitte à brûler quelques chandelles au passage.

Vais-je recommencer? Chasser le naturel, il revient au galop mais pour l'instant, je ne sais pas, je ne suis pas sûr. On verra après ma chimio.

Je me relis et on dirait que je me justifie. Drôle de billet.

samedi 31 janvier 2009

Un livre à lire



Si jamais vous connaissez quelqu'un qui vient de se faire annoncer un diagnostic dramatique, ce que je ne vous souhaite nullement parmi vos proches, suggérer lui ce livre comme point de départ de lutte contre la maladie et de retour à la santé:





L'amour, la médecine et les miracles, de Bernie Siegel





C'est un classique dans ce genre de littérature alors regardez du côté des bibliothèques car il se peut qu'il soit difficile à trouver en librairie. Quoique sur Archambault.ca , il est disponible.

Évidemment, il faut en prendre et en laisser dans ce livre -quoique l'auteur, lui-même chirurgien, est très candide face à la nécessité de la médecine traditionnelle dans le traitement des maladies graves -mais c'est un livre que j'aurais aimé lire au début de ma maladie. C'est un livre rempli d'espoir qui nous pousse à chercher à l'intérieur de nous l'étincelle de la guérison.

Voici quelques passages intéressants, le dernier poème, de Juliet Burch, était d'ailleurs tiré de ce livre:

  • Quand j'organise des séminaires, je demande souvent: '' Si vous saviez que vous alliez mourir demain, auriez-vous besoin de téléphoner?'' Si la réponse est oui, je dis: ''Bon. Promettez-moi de décrocher le téléphone en rentrant chez vous pour donner tous ces coups de fil et je vous garantis un retour sans encombre.''(p.202)
  • Je voudrais insister ici sur la différence entre souhaiter, attitude passive, espérer, démarche active. Espérer implique de croire que l'issue désirée est possible et de travailler à l'obtenir. Souhaiter consiste simplement à attendre qu'un miracle se produise tout seul. (p.184)
  • Voici comment les Simonton ont caractérisé les patients exceptionnels: ils exercent, généralement avec succès, une profession qu'ils aiment, ils continuent à travailler pendant leur maladie ou s'absentent très peu. Ils sont sensibles et créatifs mais dotés d'une forte personnalité qui s'affirme parfois avec violence. Ils sont conscients de leur valeur et sûrs d'eux-mêmes. Ils s'aiment et se montrent rarement dociles. Ils mènent leur vie comme ils l'entendent. Intelligents, ils possèdent le sens des réalités. Autonomes, ils n'ont aucun besoin du groupe, bien qu'ils valorisent l'action collective. Centrés sur eux-mêmes, ils sont également indulgents et attentifs aux autres. Ils manifestent des tendances non-conformistes et un sens moral permissif. Dénués de préjugés, ils apprécient la diversité chez les autres. (...) Ils vivent les épreuves comme des défis, pas des échecs. (p.170-171)

En tout cas, ce n'est peut-être pas pour vous maintenant, mais d'ici quelques années, quelqu'un découvrira peut-être les vestiges archéoblogiques de Et moi qui a peur des aiguilles et suggèrera ce livre à un ami ou à un proche.

Feel good movies ou les films qui font comme la poutine

Les films-poutines:

Mamma Mia: Je suis tombé en amour -et mes enfants aussi- sur ce petit bijou de comédie sentimentale qui n'aurait pas dû trop me toucher si je n'étais pas meulâde. En tout cas, je ne l'écrirais pas dans un blogue, de peur de passer pour une mauviette. Pour ceux qui ne le savent pas, c'est une comédie musicale avec la discographie presque complète du groupe pop suédois ABBA. Des maudites tounes qui restent dans la tête et qui se succèdent pour le faire en plus. À voir et entendre.

Bienvenue chez les Ch'tis: Le Nord. Le Noooooooorrrrrrd. J'ai trouvé cette petite comédie française très sympathique. Je me fous que ce ne soit pas vrai, que le Français moyen ne méprise pas l'habitant du Nord-Pas-de-Calais. J'ai senti dans ce film une certaine authenticité des relations humaines.

jeudi 29 janvier 2009

Autre poème

Au chevet de papa

par Juliet Burch



Au chevet de papa

L'homme qui était/est mon père

Sa respiration hachée, difficile

La minceur de son corps

Sa main brûlante dans la mienne.

La chambre est paisible

Où la peur n'entre pas

On peut y mourir en paix.

Je n'ai

Finalement

Pas peur de tenir la main de cet homme

Qui fut si puissant.

Méditation.

Chambre

Où il est difficile d'entrer

Mais que l'on a, je ne sais pas pourquoi,

Du mal à quitter.

Ses yeux ouverts.

Il est là

Mais que se passe-t-il en lui?

Pause. Le métronome de son souffle

S'interrompt. Moi, tendue

Puis le rythme

Comme une horloge fatiguée

Repart.

À l'intérieur de lui,

Je me demande si

Il pleure

A-t-il peur?

Je cesse d'y penser

Quand je découvre

Que c'est sa main

Maintenant

Qui tient la mienne.

Dialogue avant de se coucher

L'autre jour, avant de coucher les filles, j'ai eu deux dialogues assez intéressants.

Histoire #1
(avec Ma Plus Vieille)

MOI: Pis, as-tu hâte d'aller à ton camp d'hiver? Sais-tu comment vous aller vous coucher?

MPV: Oui mais j'espère qu'on va se coucher filles-filles.

MOI: Pourquoi?

MPV: Parce que dans notre sizaine, il y a un Cruiseur.

MOI (amusé): Quoi? un quoi? un Cruiseur?

MPV: Ben oui, nous autres on l'appelle de même.

MOI: Il fait quoi, il vous...cruise?

MPV (les yeux amusés) : Ben oui papa...

MOI: Il vous cruise comment, il vous parle, il vous dit quoi?

MPV: Non Papa, il nous colle...

MOI: HEIN?

MPV: Il est entre mon sizonnier et moi et il n'arrête pas de me coller...

MOI: Est-ce que c'est ton genre?

MPV: Noooooooon.

MOI: c'est quoi ton genre?

MPV: Plus calme.

Morale de cette histoire, ma fille va m'arriver un jour avec un chum ben gelé. Trop calme.

Histoire #2
(avec ma plus jeune)

Ma plus jeune: Moi papa, je pense que Gros Boubou est une fille.

MOI: Hummm...moi je pense que non, je pense que c'est plutôt un garçon.

MPJ: Ahhhh...ok Papa.

Explication: Gros Boubou est un ourson blanc de la même grandeur que MPJ dont elle se servait pour découvrir son corps il y a quelques mois durant l'une des nombreuses phases à travers desquelles la sexualité féminine se développe jusqu'à 40 ans.

Morale de cette histoire: Je m'en voir Milk demain.