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dimanche 7 juin 2009

La petite main

Ce matin, ma plus jeune devait venir à la maison pour se faire coiffer pour son spectacle de gymnastique. Quand elle est arrivée, j'étais dans mon lit, malgré l'heure avancée.

Je lui ai dit, viens te réchauffer sous les couvertures. Et là on a jasé. Mais ce matin, j'avais un genre de point dans l'épaule alors je lui ai demandé de mettre sa main dessus pour me faire du bien. Elle l'a fait. Mais nous avons parlé pendant presque 15 minutes et jamais, elle n'a retiré sa petit main de l'endroit où je lui ai demandé de la mettre. Et un enfant de 7 ans, ça bouge. Mais sa petite main restait comme un point d'ancrage, un pivot sur mon épaule.

Comme si, inconsciemment, elle voulait que ma maladie passe par mon épaule et sorte dans sa main.

lundi 30 mars 2009

Chère Sylvie


Chère Sylvie, quand je suis arrivé au salon funéraire et que je t'ai vu, frêle mais paisible, dans ton cercueil, je ne te cacherai pas que je n'ai pu m'empêcher de penser à moi. Je me suis vu à ta place et j'ai prié. Mais j'avais la tête et le coeur ailleurs.


Chère Sylvie, quand je suis arrivé au salon funéraire et que j'ai vu tes deux belles grandes filles, dignes, fortes, sensibles, j'ai pensé à toi et à comment tu devrais être très fière d'elles.


Chère Sylvie, quand je suis parti, je t'ai demandé d'amener mon cancer avec le tien mais je sais que ce pouvoir n'est pas entre tes mains. Je t'ai demandé alors un signe d'encouragement, afin de me permettre de continuer car je ne me sens pas bien physiquement et psychologiquement ces jours-ci. Tu me l'as donné.



Chère Sylvie, j'ai une demande égoïste à te faire. ''Veille sur nous'', tes filles et mon frère t'ont demandé. Veiller sur eux ça doit vouloir dire de ne pas les soumettre à d'autres funérailles cette année, j'imagine, si tu vois ce que je veux dire...tu peux ricaner car tu étais certainement une très bonne ricaneuse.


Chère Sylvie, en échange, je te promets que je vais ici m'occuper de mon frère et de vos filles, du mieux que je peux.


Chère Sylvie, même si peut-être tu n'y croyais pas autant que moi, tu es partie vers l'autre monde et je suis sûr que tu vas me guetter une place. Et que tu vas trouver les meilleurs endroits pour relaxer sans pilules, sans tisanes, sans morphine, sans sac magique. Trouver les meilleurs restaurants pour enfin jouir pleinement de la nourriture sans engraisser et sans nausées. Trouver les meilleurs endroits pour se baigner ou faire du ski dans de la neige soyeuse comme les nuages.


Chère Sylvie, n'aie pas peur, je serai là un jour et nous nous moquerons des vivants et de leurs éternelles batailles dans la vie. Nous pleurerons aussi tous les succès de nos enfants respectifs, pleurer parce qu'elles ne sauront pas comment nous sommes tellement fiers d'elles, là-haut, comment elles nous manquent toujours terriblement, comment nous les aimons, tout simplement. Et un jour lointain, très lointain, ils viendront enfin nous rejoindre. Mon frère, ma blonde.


Chère Sylvie, je te laisse sur une chanson des Cowboys Fringants que tu connais très bien:


''Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester

De notre p'tit passage dans ce monde effréné ?

Après avoir existé pour gagner du temps

On s'dira que que l'on était finalement

... Que des étoiles filantes''


ps j'aurais aimé que ce texte soit plus beau mais c'est le mieux que je puisse faire.

jeudi 5 mars 2009

La guerre

C'est mon infirmière-pivot qui avait raison. Il ne faut paniquer que devant les faits, même si c'est difficile.

L'oncologue, en m'accueillant dans son bureau m'a dit, les yeux brillants, que ce n'était pas des ''mauvaises nouvelles'' qu'elle avait ce matin. Mes tests sont négatifs. Je n'ai rien sur les os, rien sur mes autres organes. Nous pouvons donc poursuivre ma chimiothérapie dans les plus brefs délais. Il se peut toutefois que les tumeurs ne soient pas toutes disparues lorsque ma chimiothérapie se terminera en avril.

J'étais tranquillement soulagé et ma conjointe, presque hystérique. J'étais évidemment très content mais tout de même calme. Et trois jours après, c'est la même chose, j'ai le même sentiment ''égal''. La guerre n'est pas gagnée et comme en Afghanistan, pour copier l'actualité, il se peut qu'elle ne se gagne jamais.

Ce décalage s'explique peut-être par le cheminement différent que nous avons suivi depuis un an. Mon IP nous a dit que c'était parce que nous n'étions pas à la même étape par rapport au cancer. Je vois les choses différemment.

Enfin, je suis toujours là. Je tousse un peu mais mon appétit revient. Mes traitements vont finir. Je traverserai lorsque j'arriverai à la rivière.

jeudi 29 janvier 2009

Comment on se sent 1 an et 3 jours après le diagnostic fatidique?

Mieux! Mieux qu'il y a un an. Enfin vous le savez, je l'ai écrit dans le billet intitulé ''Les Jours''.

Je voix plusieurs alternatives heureuses à la fin de mon traitement:

1) Je suis en rémission complète et je vis jusqu'à 100 ans

2) Des taches persistent sur mes poumons mais elles ne sont plus dangereuses, je deviens total fitness et je vis jusqu'à 100 ans.

3) Des taches persistent sur mes poumons, je dois arrêter la chimio pour quelques mois, le temps de me reposer, je recommence à l'automne, je viens à bout des taches, je deviens total fitness et je vis jusqu'à 100 ans.

Total fitness? Il s'agit de me trouver un sport maintenant.

mardi 23 décembre 2008

Je cours!

Je viens d'aller prendre une marche avec ma conjointe et au début, mon corps réagissait normalement comme un malade, c'est-à-dire en traînant littéralement de la patte au niveau du souffle et des jambes.

Mais quelques minutes avant le retour à la maison, j'ai ressenti un bien-être et une énergie nouvelle, si bien que j'ai couru le dernier coin de rue. Tout s'est terminé dans un Ickey Shuffle endiablé. Prend ça cancer!

vendredi 12 décembre 2008

Les chandelles

Mardi dernier, c'est l'anniversaire de ma plus jeune. Alors elle a son gâteau avec son gros 7 dessus. Ça fait poche hein, à bien y penser? Il faudra que j'achète huit chandelles la prochaine fois.

En tout cas, on lui demande de faire un voeux avant de souffler.

MPJ: Je ne sais pas.

NOUS: Ben oui, est-ce qu'il y a des choses que tu aimerais avoir.

MPJ: Je ne sais pas.

Déjà ému -les fêtes ça m'émeut- je pense à ma guérison et je brûle d'impatience que ma fille nous dise qu'elle veut que je sois guéri. Mais il ne faudrait pas qu'elle le dise dans le fond si elle veut que le voeu se réalise. En tout cas.

NOUS: T'es sûre?

MPJ: Non, c'est correct, je suis heureuse.

N'est-ce que pas tous ce que nous voulons, comme parents, que nos enfants soient heureux? Malgré tout, en plus.

Merci.