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jeudi 26 février 2009

La suite

Vous semblez abasourdis? Moi aussi.

Sur le coup, l'oncologue a été très compréhensive, très humaine. Elle m'a montré la radiographie en question.

Parenthèse: lorsqu'on pense à des radiographies, on a en tête les images de la télé et du cinéma où le médecin montre des grandes photos sur un genre de projecteur lumineux et que nous, le patient, nous partageons toute cette information. Et bien non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. D'abord, c'était la première fois que je voyais mes propres poumons après 12 mois de captivité mentale. Et ça ne se fait pas au mur mais sur un écran d'ordi.

Et elle a comparé la radiographie de janvier 2009 à celle de novembre 2008. Effectivement, la tache de mon poumon droit semble -est?- plus grande qu'avant, même après quelques traitements. Elle nous montre ensuite la radiographie de janvier 2008, au tout début de ma maladie. Il n'y a pas de comparaison possible, la tache en question a diminué de 50% à peu près et mon poumon gauche semble beaucoup plus clean.

''C'est peut-être une vraie alerte ou une fausse alerte mais nous voulons être plus sûr avant de continuer'', dit-elle en me regardant dans les yeux.

Je suis sorti du bureau avec deux demandes d'examen. Une scintigraphie osseuse et un scan. La scintigraphie a été passé lundi dernier, j'y reviendrai, et le scan sera fait lundi prochain. Le gentil docteur me reverra dans son bureau mardi prochain, 3 mars, avec les résultats.

J'ai essayé d'appliquer tout de suite les trucs de mon infirmière-pivot, c'est-à-dire de ne pas paniquer tout de suite, de me stresser que lorsque nous serons confrontés aux faits. Dans ce cas-ci, une fois que les examens complétés et les résultats connus.

Mais disons que le désespoir, la peine et la déprime ont eu raison de mes bonnes intentions dans les heures, les jours qui ont suivi. Je commence à peine à reprendre le dessus.

vendredi 28 novembre 2008

Les effets secondaires

Juste une petite chronique pas vraiment tristounette. Qu'est-ce que sont les effets secondaires d'un traitement de chimiothérapie dans un hôpital près de chez vous? (entre parenthèses, solution proposée)

  • mes cheveux, qui repoussaient, retombent. Ils étaient plus foncé on dirait.
  • des points noirs et des boutons dans le front (conjointe)
  • des sourcils clairsemés
  • des yeux secs (gouttes)
  • sinus embourbés et secs (Sinutab)
  • nez sec et embourbé (Rhinaris)
  • lèvres gerçées (Blistex)
  • barbe absente à des endroits stratégiquement masculins, ex sous le nez mais pas à l'endroit où les chats ont généralement leurs moustaches, voici peut-être pourquoi peut-être ils me prennent pour l'un des leurs ces jours-ci.
  • reflux gastrique (pilules)
  • fatigue générale (lit)
  • anxiété (Ativan)
  • fébrilité (tenir un oreiller ou un coussin en dormant, faire la vaiselle)
  • manque de concentration (ce blogue)

Mais c'était dans les derniers jours. Je me sens mieux ce matin, vendredi. L'effet des pilules anti-nausées va s'estomper et les derniers effets (stress, anxiété, fébrilité) vont disparaître d'ici quelques heures, jours.

jeudi 20 novembre 2008

I'm back!

Bon, mettons que je pouvais bien être déprimé et sans énergie vendredi dernier. Je suis allé à l'hôpital lundi dernier pour un contrôle sanguin et mon hémoglobine, c'est-à-dire le taux de globules rouges dans mon sang, petits véhicules qui servent à transporter l'oxygène dans mon corps, était à 57, un record plancher pour moi.

J'aurais bien pu crever d'une crise cardiaque -car pour compenser, le coeur pompe plus de sang dans le corps -mais faut-il croire que mon heure n'était pas encore venue.

Donc je suis de retour sur ce blogue après deux culots de sang tranfusés, plusieurs siestes et quelques jours de repos presque forcés.

Je me relis et je me déprime moi-même, alors imaginez pour vous.

Revivre sa vie? Bof, personne n'est vraiment à l'abri, malade ou pas. Perdre son emploi, se séparer, s'appauvrir, se remettre en question, j'ai fait tout ça déjà et je ne suis pas encore mort.

Alors, comme dirait Lucien Bouchard, qu'on continue.

vendredi 14 novembre 2008

Se battre?

Voici la deuxième question qui m'est venue dans le cadre de ma chronique Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cancer sans jamais avoir oser le demander:

''je me demandais, personnage de roman oblige, s'il était possible qu'un patient, même battant au plus possible, refuse de vivre les traitements si le cancer revenait. Pcq épuisé, pcq pas le goût de se battre.''

Je crois que oui. Au département d'oncologie où je suis un habitué, je vois beaucoup de gens, surtout plus gens plus âgés que moi: des vifs, des maganés, des très vieux, des déprimés, des maigres, des apeurés, des souriants, des ouverts, des gens en chaise roulante, des amputés. Vous voyez, plus de négatif que de positif.

Et quand je les regarde, je me dis, ta...ça ferait longtemps que j'aurais tiré sur la plogue, être rendu là. Et pourtant, on a tous nos raisons pour se battre. Moi ma plus grande raison, ce sont mes filles. Pour d'autres, ce serait ses petites enfants. La raison de l'un vaut la raison de l'autre. Aimer la vie peut être aussi une raison suffisante pour endurer tous ces sévices.

Ça c'est la vision positive. Dans mes moments noirs, je me me dis guérir, mais pour faire quoi? Revivre ma vie comme je l'ai vécu depuis ma naissance, ma vie adulte? Me séparer une deuxième fois, déménager encore, retomber sur le chômage, être à la recherche d'un emploi, s'appauvrir, être célibataire, se remettre en question comme personne, rec0mmencer en bas de l'échelle dans le monde du travail.

Tout ça à 37 ans? Et avec un cancer qui peut revenir à tout moment?

Mes filles? Elles ont bien vécu leur courte vie avec un père généralement absent, que ce soit en pensant bien faire en travaillant comme un fou ces dernières années ou quelque part, ailleurs que dans leur vie.

Se battre? Faire semblant de se battre? Se battre sans trop y croire? Le problème est que le corps devine nos véritables sentiments. Et que dans ce cas, la fin est souvent proche.