Vous voyez, il y a de ces jours. Aujourd'hui, je suis presque incapable de me lever, même si ma plus vieille m'a téléphoné à 7h30 pour me demander si je voulais toujours mon toutou des Expos (Youppi! je présume). Je lis dans ses pensées. Le toutou est un prétexte pour me parler. Oui, Papa le veut, tu l'amèneras mardi prochain, même si c'est rendu la mascotte du Canadien.
Donc, en résumé, mal de tête, mal de gencives, ulcère dans le fond de ma bouche, sur ma langue, ce qui me force à parler sur le bout de ma dite langue. Je ne suis pas trop sûr non plus de ma température corporelle. J'ai froid.
Je me suis trainé hors du lit à 9h, impatient de savoir si ma 30e équipe préférée a encore perdu. Oui, 7 à 2. Je me réjouis. Pour fêter, je mange un bol de yogourt sans gras. Et je m'enfile deux advils pour m'enlever la douleur aux gencives et à la tête. Le comptoir est dégueulasse, la poubelle est pleine, la lave-vaisselle est vide.
Et je retourne me coucher, non sans m'être gargariser la bouche avec le Super Magic Mouthwash 2009. Une recette magique au goût de sirop pour la toux, prescrit par le pharmacien du département de l'oncologie. Je fantasme sur le fait que peut-être Marthe, la très jolie pharmacienne du village, a concocté ce mélange délicieux seulement pour moi. Je vous épargne comment elle était habillée. Je m'endors tout de suite.
À midi, je me lève finalement. Ma conjointe est arrivée du travail. Elle mange un fajitas au jambon. Le comptoir est toujours aussi dégueulasse. Je m'habille. Je me sens un peu mieux. Elle quitte pour retourner travailler. Je mange des pérogies (pierogi). Franchement, c'est très bon, même sans crème sûre. Je m'attaque ensuite à terminer LOST 4.
Enfin, je vous écris présentement. Le comptoir est propre, la poubelle est vidée, mon thé vert est bu, le lave-vaisselle est rempli, le recyclage est dans le bac dehors, LOST est fini, Entourage 4 est commencé, les filets de porc marinent, les livres sont retournés à la bibliothèque.
Petit jeudi qui est devenu grand.
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jeudi 12 février 2009
lundi 2 février 2009
Réponses - nausées
De l'Aubergiste en devoir: est-ce que les traitements me donnent la nausée? (à voir ce que je mange)
Non, je n'ai pas vomi un seule fois durant mes 42 semaines de traitement. Je n'ai eu que très peu de nausées aussi et je pense qu'elles étaient plus dûes au stress et à la nervosité qu'au traitement lui-même. Au risque de me répéter, mon système digestif été bien entraîné par la Molson et la malbouffe.
Lorsqu'on apprend qu'on a le cancer ou qu'un de nos proches a cette maladie et qu'on commence à parler de chimiothérapie, tout le monde associe cela à des nausées. Par expérience, je pense que tout le monde est différent mais il ne faut pas partir avec l'idée qu'on va vomir nos tripes à tous les jours pour toute la durée du traitement. La science et la pharmacologie ont beaucoup évolués depuis 15 ans et on contrôle beaucoup mieux ces aspects désagréables. Avoir peur du cancer, c'est une chose mais il ne faut plus avoir peur de la chimiothérapie à cause des nausées possibles.
Une chose que j'ai apprise depuis un an, c'est qu'il faut arrêter de se programmer. Si on se dit qu'on va être malade, on va être malade c'est sûr.
Cela dit, je rapporte dans ce blogue mes plus mauvaises expériences avec la malbouffe mais j'ai modifié assez substantiellement depuis quelques mois mes habitudes quotidiennes face à nourriture. Comme dit le bon docteur Béliveau, ce n'est pas le hotdog, la frite et le coca une fois par mois à l'aréna du quartier qui causent des problèmes, c'est la chronicité de ces mauvaises habitudes qui fait que nous sommes en mauvaise santé.
Je reviendrai sur mon régime de vie.
Non, je n'ai pas vomi un seule fois durant mes 42 semaines de traitement. Je n'ai eu que très peu de nausées aussi et je pense qu'elles étaient plus dûes au stress et à la nervosité qu'au traitement lui-même. Au risque de me répéter, mon système digestif été bien entraîné par la Molson et la malbouffe.
Lorsqu'on apprend qu'on a le cancer ou qu'un de nos proches a cette maladie et qu'on commence à parler de chimiothérapie, tout le monde associe cela à des nausées. Par expérience, je pense que tout le monde est différent mais il ne faut pas partir avec l'idée qu'on va vomir nos tripes à tous les jours pour toute la durée du traitement. La science et la pharmacologie ont beaucoup évolués depuis 15 ans et on contrôle beaucoup mieux ces aspects désagréables. Avoir peur du cancer, c'est une chose mais il ne faut plus avoir peur de la chimiothérapie à cause des nausées possibles.
Une chose que j'ai apprise depuis un an, c'est qu'il faut arrêter de se programmer. Si on se dit qu'on va être malade, on va être malade c'est sûr.
Cela dit, je rapporte dans ce blogue mes plus mauvaises expériences avec la malbouffe mais j'ai modifié assez substantiellement depuis quelques mois mes habitudes quotidiennes face à nourriture. Comme dit le bon docteur Béliveau, ce n'est pas le hotdog, la frite et le coca une fois par mois à l'aréna du quartier qui causent des problèmes, c'est la chronicité de ces mauvaises habitudes qui fait que nous sommes en mauvaise santé.
Je reviendrai sur mon régime de vie.
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dimanche 7 décembre 2008
Dimanche plate
Je me suis levé clopinant avec des légères nausées. Juste un sentiment de mauvaise digestion. Je n'avais pas faim, ce qui est curieux dans mon cas le matin. J'avais pourtant bien dormi, et longtemps, quoique un sommeil fertile en rêves et cauchemars.
Ma conjointe veut m'amener magasiner. Je dis non. Signe que je ne me sens pas bien. J'avais oublié de vous dire que j'avais des problèmes de sinus depuis dimanche dernier et que ça avait l'air de s'en aller dans le bon sens puisque je ne me réveillais plus complètement congestionné. Il faut faire attention dans mon cas puisque tout peut dégénérer en infection et en court séjour joyeux à l'hôpital ou encore mieux, à l'urgence.
Donc pendant l'absence de ma conjointe, j'en ai profité pour déjeuner et me recoucher. J'avais les pieds et les mains gelées. Pourtant, mon thermomètre ne montrait pas de fièvre. Je me suis levé à midi, très chaud. Quel sentiment, être chaud.
En tout cas, la suite n'est pas glorieuse: pizza pour dîner, Les Coulisses du pouvoir, la NFL, un autre petit roupillon raté. La preuve que ça n'allait pas, je n'ai lu ma Presse qu'à 15h.
J'écris et j'ai encore froid. Et je n'ai pas trop d'énergie. Peut-être qu'une petite marche me ferait du bien après souper mais il faudrait que je m'habille car je suis toujours en pyjama. Quel meulade je suis.
Ma conjointe veut m'amener magasiner. Je dis non. Signe que je ne me sens pas bien. J'avais oublié de vous dire que j'avais des problèmes de sinus depuis dimanche dernier et que ça avait l'air de s'en aller dans le bon sens puisque je ne me réveillais plus complètement congestionné. Il faut faire attention dans mon cas puisque tout peut dégénérer en infection et en court séjour joyeux à l'hôpital ou encore mieux, à l'urgence.
Donc pendant l'absence de ma conjointe, j'en ai profité pour déjeuner et me recoucher. J'avais les pieds et les mains gelées. Pourtant, mon thermomètre ne montrait pas de fièvre. Je me suis levé à midi, très chaud. Quel sentiment, être chaud.
En tout cas, la suite n'est pas glorieuse: pizza pour dîner, Les Coulisses du pouvoir, la NFL, un autre petit roupillon raté. La preuve que ça n'allait pas, je n'ai lu ma Presse qu'à 15h.
J'écris et j'ai encore froid. Et je n'ai pas trop d'énergie. Peut-être qu'une petite marche me ferait du bien après souper mais il faudrait que je m'habille car je suis toujours en pyjama. Quel meulade je suis.
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vendredi 28 novembre 2008
Les effets secondaires
Juste une petite chronique pas vraiment tristounette. Qu'est-ce que sont les effets secondaires d'un traitement de chimiothérapie dans un hôpital près de chez vous? (entre parenthèses, solution proposée)
- mes cheveux, qui repoussaient, retombent. Ils étaient plus foncé on dirait.
- des points noirs et des boutons dans le front (conjointe)
- des sourcils clairsemés
- des yeux secs (gouttes)
- sinus embourbés et secs (Sinutab)
- nez sec et embourbé (Rhinaris)
- lèvres gerçées (Blistex)
- barbe absente à des endroits stratégiquement masculins, ex sous le nez mais pas à l'endroit où les chats ont généralement leurs moustaches, voici peut-être pourquoi peut-être ils me prennent pour l'un des leurs ces jours-ci.
- reflux gastrique (pilules)
- fatigue générale (lit)
- anxiété (Ativan)
- fébrilité (tenir un oreiller ou un coussin en dormant, faire la vaiselle)
- manque de concentration (ce blogue)
Mais c'était dans les derniers jours. Je me sens mieux ce matin, vendredi. L'effet des pilules anti-nausées va s'estomper et les derniers effets (stress, anxiété, fébrilité) vont disparaître d'ici quelques heures, jours.
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jeudi 20 novembre 2008
Et ma libido?
Note de l'auteur: Si vous transmettez l'ensemble de ce blogue à mes enfants lorsqu'elles seront en âge de comprendre, pouvez-vous svp omettre ce billet. Aussi, maman, ne lis pas ça!
Voici la troisième question qui m'est parvenu dans le cadre de ma chronique Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cancer sans jamais avoir oser le demander:
''Est-ce que ça affecte la libido toute cette drogue qu'ils t'injectent?''
Libido: Énergie psychique de la pulsion sexuelle (Petit Larousse).
La réponse est non. Mon imagination est toujours la même mais le body ne suit plus toujours. Je ne suis pas rendu au Viagra quand même mais sept long mois de chimio, ça laisse des traces sur la performance. J'espère que ça va revenir.
Deux autres choses. On pense des fois, urgence de vivre, urgence de baiser. Pour ma part, pour l'instant, ce n'est pas mon genre. Capoter et tenter de réaliser mes fantasmes les plus fous seraient un peu un aveu d'impuissance face à ma maladie. De capituler, de dire, ça y est, l'heure est venue, je vais mourir, faisons un ménage à trois.
Après ma guérison, je ne dis pas que je n'aurai pas un regard différent sur tout cet aspect de ma vie et que je n'essaierai pas de rattraper le temps perdu.
Finalement, j'ai moi-même de la difficulté à me regarder dans le miroir tellement mon corps a changé, qu'il est dégueulasse. Imaginez ma conjointe. Mourir, c'est plus facile que de regarder les autres mourir. Ça s'applique à faire l'amour je pense.
Voici la troisième question qui m'est parvenu dans le cadre de ma chronique Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cancer sans jamais avoir oser le demander:
''Est-ce que ça affecte la libido toute cette drogue qu'ils t'injectent?''
Libido: Énergie psychique de la pulsion sexuelle (Petit Larousse).
La réponse est non. Mon imagination est toujours la même mais le body ne suit plus toujours. Je ne suis pas rendu au Viagra quand même mais sept long mois de chimio, ça laisse des traces sur la performance. J'espère que ça va revenir.
Deux autres choses. On pense des fois, urgence de vivre, urgence de baiser. Pour ma part, pour l'instant, ce n'est pas mon genre. Capoter et tenter de réaliser mes fantasmes les plus fous seraient un peu un aveu d'impuissance face à ma maladie. De capituler, de dire, ça y est, l'heure est venue, je vais mourir, faisons un ménage à trois.
Après ma guérison, je ne dis pas que je n'aurai pas un regard différent sur tout cet aspect de ma vie et que je n'essaierai pas de rattraper le temps perdu.
Finalement, j'ai moi-même de la difficulté à me regarder dans le miroir tellement mon corps a changé, qu'il est dégueulasse. Imaginez ma conjointe. Mourir, c'est plus facile que de regarder les autres mourir. Ça s'applique à faire l'amour je pense.
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I'm back!
Bon, mettons que je pouvais bien être déprimé et sans énergie vendredi dernier. Je suis allé à l'hôpital lundi dernier pour un contrôle sanguin et mon hémoglobine, c'est-à-dire le taux de globules rouges dans mon sang, petits véhicules qui servent à transporter l'oxygène dans mon corps, était à 57, un record plancher pour moi.
J'aurais bien pu crever d'une crise cardiaque -car pour compenser, le coeur pompe plus de sang dans le corps -mais faut-il croire que mon heure n'était pas encore venue.
Donc je suis de retour sur ce blogue après deux culots de sang tranfusés, plusieurs siestes et quelques jours de repos presque forcés.
Je me relis et je me déprime moi-même, alors imaginez pour vous.
Revivre sa vie? Bof, personne n'est vraiment à l'abri, malade ou pas. Perdre son emploi, se séparer, s'appauvrir, se remettre en question, j'ai fait tout ça déjà et je ne suis pas encore mort.
Alors, comme dirait Lucien Bouchard, qu'on continue.
J'aurais bien pu crever d'une crise cardiaque -car pour compenser, le coeur pompe plus de sang dans le corps -mais faut-il croire que mon heure n'était pas encore venue.
Donc je suis de retour sur ce blogue après deux culots de sang tranfusés, plusieurs siestes et quelques jours de repos presque forcés.
Je me relis et je me déprime moi-même, alors imaginez pour vous.
Revivre sa vie? Bof, personne n'est vraiment à l'abri, malade ou pas. Perdre son emploi, se séparer, s'appauvrir, se remettre en question, j'ai fait tout ça déjà et je ne suis pas encore mort.
Alors, comme dirait Lucien Bouchard, qu'on continue.
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