samedi 29 novembre 2008

Citation

(de Milan Kundera, dans La Plaisanterie)

''Tout sera oublié et rien ne sera réparé. Le rôle de la réparation (et par la vengeance et par le pardon) sera tenu par l'oubli. Personne ne réparera les torts commis, mais tous les torts seront oubliés.''

Encore un beau samedi

Sur le programme:

  • petite marche
  • bibliothèque avec les filles
  • petites emplettes à la pharmacie
  • soupe secrète
  • partir endiablée de Mémoire où, malgré tous mes efforts pour apprendre la défaite à ma plus jeune, elle me bat tout le temps
  • petit somme cet après-midi
  • souper de pilons de poulet dans la sauce sucrée et riz
  • film probablement, à moins qu'on se chicane et qu'on regarde le hockey (moi et ma plus jeune contre le reste de la famille)
  • long roupillon jusqu'à demain avec calins espérés :-)

Bon samedi à tous!

vendredi 28 novembre 2008

Atelier d'art créatif - Fin

Pour ceux que ça pourrait un jour intéresser, l'atelier était donné par Geneviève St-Pierre, qui possède une formation en psychothérapie Émotivo-Rationnel et en Art-thérapie. Elle a animé plusieurs ateliers de journal Créatif pour des organismes.

Malheureusement, je n'ai pas les coordonnées réelles de la thérapeute en question. Mais son bureau est situé à Richelieu, en Montérégie.

Enfin, le but de cet exercice était créer quelque chose à partir de trois mots. Nous avons écrit un âge sur un petit papier rouge, un endroit sur un petit papier rouge foncé et un objet sur un petit papier jaune. Les participants se sont ensuite échangés les papiers pour se retrouver avec des agencements hétéroclites.

Voici ce que ça a donné dans mon cas:

Rodrigue se leva, difficilement comme toujours. Sa maison de Mont-Saint-Hilaire était froide comme d'habitude. C'était la fin de du mois d'octobre. Dehors, il faisait froid, c'était venteux mais on sentait que le soleil voulait tout de même montrer son nez, plus tard.

Rodrigue alla dans la cuisine démarrer la cafetière et revint dans la chambre pour enfiler des vêtements chauds. L'odeur du café se répandit dans toute la maison. Son chat Gripette sortit de sous le lit. Il roucoula entre les jambes de son maître.

-Tu veux du manger ma grosse coucoune?

Rodrigue donna son pain quotidien à son animal, qui se précipita sur le bol comme un fauve. Il alla ensuite dans le garde-manger pour préparer un petit goûter qu'il amènerait avec lui dans la MONTAGNE.

Depuis sa retraite, il y a bientôt trente ans, Rodrigue allait à tous les vendredis dans la montagne, jamais vraiment au même endroit.

Il apportait ses CRAYONS et écrivait ce qu'il voyait. Parfois, il dessinait. Souvent, il photographiait aussi.

Ses passe-temps lui avait fait remporter de nombreux prix, ce qu'il lu avait valu le titre du plus vieil artiste de Mont-Saint-Hilaire, à 88 ANS.

Trouvés dans un vieux calepin

Je crois que je cherchais des idées pour un roman ou une nouvelle:

''J'ai commencé l'année avec le sentiment terrifiant que la mort rôdait. La mienne, celle de mon père, de ma grand-mère et même celle de l'un de mes fils. Où était-ce simplement le fait que j'avais trop longtemps été absorbé par une série télé portant sur un famille dysfonctionnelle propriétaire d'un salon funéraire''

''Nouvelle: un père attend que son fils se trouve un emploi pour mourir.''

''Un écrivain n'a qu'à écrire ses mémoires en premier, quand il se souvient encore de tout.''

''Le vin avait le goût des hosties, ce souvenir me venant soit de mon mariage, soit de ma confirmation.

Les effets secondaires

Juste une petite chronique pas vraiment tristounette. Qu'est-ce que sont les effets secondaires d'un traitement de chimiothérapie dans un hôpital près de chez vous? (entre parenthèses, solution proposée)

  • mes cheveux, qui repoussaient, retombent. Ils étaient plus foncé on dirait.
  • des points noirs et des boutons dans le front (conjointe)
  • des sourcils clairsemés
  • des yeux secs (gouttes)
  • sinus embourbés et secs (Sinutab)
  • nez sec et embourbé (Rhinaris)
  • lèvres gerçées (Blistex)
  • barbe absente à des endroits stratégiquement masculins, ex sous le nez mais pas à l'endroit où les chats ont généralement leurs moustaches, voici peut-être pourquoi peut-être ils me prennent pour l'un des leurs ces jours-ci.
  • reflux gastrique (pilules)
  • fatigue générale (lit)
  • anxiété (Ativan)
  • fébrilité (tenir un oreiller ou un coussin en dormant, faire la vaiselle)
  • manque de concentration (ce blogue)

Mais c'était dans les derniers jours. Je me sens mieux ce matin, vendredi. L'effet des pilules anti-nausées va s'estomper et les derniers effets (stress, anxiété, fébrilité) vont disparaître d'ici quelques heures, jours.

dimanche 23 novembre 2008

I feel good


Non, ce blogue n'est pas devenu un blogue en anglais comme Les Soliloquistes presque. Je me sens bien aujourd'hui. J'ai un traitement demain avec une transfusion probablement. J'ai bien dormi. Je mange bien.

Les Bruins ont gagné hier, en fait, ils ont gâché la fête au Centre Bell. J'ai fait un dollar avec ma fille aînée dont l'équipe préférée est le CH. Quel papa ingrat! Apprendre le gambling à ses enfants. ''c'est pour le fun, juste pour s'achaler'', que j'ai dit. ''Oui, Papa, je ne veux pas perdre tout l'argent de mon cochon!''.

Les Alouettes vont remporter la Coupe Grey. Enfin je l'espère. S'ils gagnent, je casse mon carême et je prend une bière. UNE bière. La rechute fait partie de la thérapie quand même. J'ai dit à mes filles de porter leur casquette et leur tuque des Alouettes.

La dernière fois que la Coupe Grey avait été tenue à Montréal, mon ex était enceinte de ma plus jeune. Et cette dernière, cette petite vlimeuse, avait décidé de nous faire une fausse alerte, à moins que ce soit la mère, ce que mes amis soupçonnent (haha). Quand je lui raconte l'épisode, elle rit tellement, comme si elle le savait. Ma fille, pas mon ex.


Donc, tout l'échafaudage depuis longtemps planifié de notre beuverie collective s'était écroulé alors qu'à 13h, j'étais toujours à l'hôpital. Mes amis courraient depuis 11h les partys d'avant-match à Montréal. Il avait fallu que je fasse de la '' brosse de rattrapage'' pour rejoindre le même feeling que mes collègues de banc. Mais tout était rentré dans l'ordre avec quelques heures de retard.

Ah le bon temps! Je nous souhaite bonne chance pour cette année! Et bonne chance à Anthony Calvillo, notre quart, dont l'épouse a été aux prises avec le cancer l'an passé. Nous perdrons peut-être la guerre, mais nous ne perdrons pas cette bataille!

jeudi 20 novembre 2008

Et ma libido?

Note de l'auteur: Si vous transmettez l'ensemble de ce blogue à mes enfants lorsqu'elles seront en âge de comprendre, pouvez-vous svp omettre ce billet. Aussi, maman, ne lis pas ça!

Voici la troisième question qui m'est parvenu dans le cadre de ma chronique Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cancer sans jamais avoir oser le demander:

''Est-ce que ça affecte la libido toute cette drogue qu'ils t'injectent?''

Libido: Énergie psychique de la pulsion sexuelle (Petit Larousse).

La réponse est non. Mon imagination est toujours la même mais le body ne suit plus toujours. Je ne suis pas rendu au Viagra quand même mais sept long mois de chimio, ça laisse des traces sur la performance. J'espère que ça va revenir.

Deux autres choses. On pense des fois, urgence de vivre, urgence de baiser. Pour ma part, pour l'instant, ce n'est pas mon genre. Capoter et tenter de réaliser mes fantasmes les plus fous seraient un peu un aveu d'impuissance face à ma maladie. De capituler, de dire, ça y est, l'heure est venue, je vais mourir, faisons un ménage à trois.

Après ma guérison, je ne dis pas que je n'aurai pas un regard différent sur tout cet aspect de ma vie et que je n'essaierai pas de rattraper le temps perdu.

Finalement, j'ai moi-même de la difficulté à me regarder dans le miroir tellement mon corps a changé, qu'il est dégueulasse. Imaginez ma conjointe. Mourir, c'est plus facile que de regarder les autres mourir. Ça s'applique à faire l'amour je pense.

I'm back!

Bon, mettons que je pouvais bien être déprimé et sans énergie vendredi dernier. Je suis allé à l'hôpital lundi dernier pour un contrôle sanguin et mon hémoglobine, c'est-à-dire le taux de globules rouges dans mon sang, petits véhicules qui servent à transporter l'oxygène dans mon corps, était à 57, un record plancher pour moi.

J'aurais bien pu crever d'une crise cardiaque -car pour compenser, le coeur pompe plus de sang dans le corps -mais faut-il croire que mon heure n'était pas encore venue.

Donc je suis de retour sur ce blogue après deux culots de sang tranfusés, plusieurs siestes et quelques jours de repos presque forcés.

Je me relis et je me déprime moi-même, alors imaginez pour vous.

Revivre sa vie? Bof, personne n'est vraiment à l'abri, malade ou pas. Perdre son emploi, se séparer, s'appauvrir, se remettre en question, j'ai fait tout ça déjà et je ne suis pas encore mort.

Alors, comme dirait Lucien Bouchard, qu'on continue.

vendredi 14 novembre 2008

Se battre?

Voici la deuxième question qui m'est venue dans le cadre de ma chronique Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cancer sans jamais avoir oser le demander:

''je me demandais, personnage de roman oblige, s'il était possible qu'un patient, même battant au plus possible, refuse de vivre les traitements si le cancer revenait. Pcq épuisé, pcq pas le goût de se battre.''

Je crois que oui. Au département d'oncologie où je suis un habitué, je vois beaucoup de gens, surtout plus gens plus âgés que moi: des vifs, des maganés, des très vieux, des déprimés, des maigres, des apeurés, des souriants, des ouverts, des gens en chaise roulante, des amputés. Vous voyez, plus de négatif que de positif.

Et quand je les regarde, je me dis, ta...ça ferait longtemps que j'aurais tiré sur la plogue, être rendu là. Et pourtant, on a tous nos raisons pour se battre. Moi ma plus grande raison, ce sont mes filles. Pour d'autres, ce serait ses petites enfants. La raison de l'un vaut la raison de l'autre. Aimer la vie peut être aussi une raison suffisante pour endurer tous ces sévices.

Ça c'est la vision positive. Dans mes moments noirs, je me me dis guérir, mais pour faire quoi? Revivre ma vie comme je l'ai vécu depuis ma naissance, ma vie adulte? Me séparer une deuxième fois, déménager encore, retomber sur le chômage, être à la recherche d'un emploi, s'appauvrir, être célibataire, se remettre en question comme personne, rec0mmencer en bas de l'échelle dans le monde du travail.

Tout ça à 37 ans? Et avec un cancer qui peut revenir à tout moment?

Mes filles? Elles ont bien vécu leur courte vie avec un père généralement absent, que ce soit en pensant bien faire en travaillant comme un fou ces dernières années ou quelque part, ailleurs que dans leur vie.

Se battre? Faire semblant de se battre? Se battre sans trop y croire? Le problème est que le corps devine nos véritables sentiments. Et que dans ce cas, la fin est souvent proche.

dimanche 9 novembre 2008

Un nouveau manteau

(conversation entre moi et mon frère, avant mon départ pour les Promenades)

MOI: On se rejoint à quelle heure le grand au Winners? Je dois aller magasiner pour me fringer comme un Dieu pour les Fêtes.

LUI: Tab... le grand, toi tu as de l'argent à dépenser. Du linge...

MOI: Oui c'est ça le grand, la banque m'a appelé et ils ont augmenté ma marge de crédit malgré le fait que je sois en arrêt de travail prolongé et malgré la crise financière. Alors je me suis dit, bon c'est le temps de la loader un peu et je vais aller me chercher un beau manteau d'hiver...

LUI (me niaisant, embarquant dans mon fun): C'est le fun avoir de l'argent hein? Les banques , le grand...

MOI: De toute façon le grand, je vais demander dans mon testament à porter mon nouveau manteau quand je vais me faire incinérer, mes nouveaux souliers, ma petite tuque, mes CDs.

LUI: (RIRE)

MOI: (RIRE)

LUI: On se rappelle!

MOI: (RIRE)

Gros fou rire, ma blonde aussi, mais finalement une petite larme en ramassant le comptoir et en emplissant le lave-vaisselle. Passer de la joie à la tristesse en 10 secondes.