mardi 23 décembre 2008

Dégagé

''je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n'ai plus de visage pour l'amour
je n'ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m'assois par pitié de moi
j'ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n'attends pas à demain je t'attends
je n'attends pas la fin du monde je t'attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie''


-tiré de L'Homme Rapaillé, Gaston Miron, Montréal, L'Hexagone, 1994

2 commentaires:

En Saignant a dit…

Chloé Ste-Marie a fait une version musicale superbe de ce poème, comme bien d'autres d'ailleurs.

Lapsus a dit…

@en saignant
Ma conjointe a une connection avec CSM. Elle habite maintenant avec Gilles Carle dans la maison où ma conjointe habitait avec son père lorsqu'elle était ado.