jeudi 19 mars 2009

Citation II

(traduction imparfaite de moi)

''Un homme va chez le docteur.

Il lui dit que ça ne va pas, qu'il est déprimé, dépressif, qu'il se sent seul dans le monde et qu'il sent que personne ne le comprend.

Le docteur lui répond que ''le traitement est simple, le grand clown Pagliacci est en ville ce soir, vous devriez vous acheter des billets et aller le voir, ça devrait vous remonter.''

Et l'homme se met à pleurer: ''Mais docteur...je suis Pagliacci.'' ''

- Watchmen, Alan Moore & Dave Gibbbons

Citation I

Je ne pensais jamais citer un film de super-héros ici:

''Everyday, the future looks a little bit darker but the past, even the grimy parts of it...well, it just keeps on getting brighter all the time''

- Watchmen, Alan Moore & Dave Gibbons.

mardi 17 mars 2009

Pouvoirs

(Conversation dans l'auto)

MOI: Devinez qu'est-ce qu'on mange ce soir?

MPV: Du steak

MPJ: Du macaroni au fromage

MOI: Coudonc R., tu lis dans mes pensées, on mange du macaroni au fromage...Attendez, je pense à une couleur. À quelle couleur je pense?

MPV: Bleu

MPJ: Rose

MOI: Là c'est B. qui a lu dans les pensées. Je pensais à bleu. Je pense maintenant à un chiffre de 1 à 10.

MPV: 5

MPJ: 9

MOI, en préparant mon mauvais coup: Oups, personne ne l'a, c'est 8. OK, je pense à une partie du corps de M. (ma conjointe, qui conduisait)...

Et MPV, en sortant de l'auto, se pointe la poitrine. Sérieusement, je voulais leur dire que je pensais aux yeux de M. mais j'ai été déjoué, désarçonné. Elles connaissent leur père ces enfants-là.

lundi 16 mars 2009

Heureux d'un printemps

Enfin le soleil. Mais toujours ce maudit vent. Ce petit vent mesquin qui nous rappelle que l'hiver se termine le 21 mars et pas vraiment avant. Et que souvent, on va en tirs de barrage en avril.

Mais tout de même, arrêtons de chiâler. Hier, je suis allé chez ma soeur avec le reste de la famille (minus mes enfants, question de garde partagée) pour fêter l'anniversaire de mon père qui aura 79 ans demain, à la St-Patrick.

Voyez comme c'est drôle avant le Registre de l'État civil du Québec. Le système fonctionnait quand même avec les curés et les paroisses et je dirais même que c'était plus simple pour obtenir un extrait de baptême, moins de bureaucratie.

Ma grand-mère paternelle a toujours dit à mon père, qui se prénomme Réjean, que son vrai nom, puisqu'il était né le jour de la fête des Irlandais, était Patrick (mon père dit ''Patrice'', version française). Ce que mon père a toujours cru, jusqu'à l'âge de 30 ans où il a dû faire sortir un extrait de baptême pour une raison quelconque.

Déception. Point de Patrick. Joseph quelque chose, quelque chose, Roland, Réjean finalement.

Ce n'est qu'un nom finalement. Parlant de nom justement, lorsque mon ex était enceinte de ma plus vieille, on faisait un gag à mon père. Puisque mes enfants ont des racines irlandaises par leur mère, on avait laissé planer la rumeur qu'on nommerait notre enfant, si c'était un garçon, Seamus, excellent prénom typique d'Irlande.

Face à cette terrible nouvelle, mon père était désemparé: ''(chu) pas capable de le dire''. Imaginez, un grand-père incapable de nommer son petit-fils! Et pas par sa faute, par la faute de ses parents inconscients (et surtout moqueurs).

Finalement, ma fille est née et elle porte le même prénom qu'une de mes tantes, la soeur de mon père. Pas compliqué.

Bonne fête 'Pa.

jeudi 12 mars 2009

Voici comment un grand malade s'occupe



Quelles couleurs! Quel relief! Ne vous inquiètez pas, ce n'est pas mon talent d'artiste qui a évolué à la vitesse de la lumière, c'est un casse-tête de 750 morceaux fait en 9 jours à temps perdu, entre deux matchs de bridge, une séance de danse en ligne et 4-5 parties de bingo.

Je pense que c'est mon vieillissement qui s'est accéléré à la vitesse de la lumière. Haha.

Pour ceux qui trouvent l'oeuvre belle, c'est une toile de James Coleman intitulée Portofino Coast et le casse-tête est en vente chez Korvette à 4.99$. Des heures de plaisirs.

ps Et de blasphèmes gratuits aussi, surtout si on cherche pendant des jours un morceau pourtant évident de la fenêtre de gauche du milieu de la maison jaune. Nous pensions que les chats l'avaient mangé.

Qui a pris mon âme, en prenant ses choses?

Je me sentais nerveux mardi matin avant mon traitement. À la limite des nausées. Je ne sais pas, on dirait que c'était comme la première fois. Donc la routine commence. La prise de sang dans mon super trooper pickline (supa-pa, troupa-pa). Visite chez le doc. Début du traitement.

Je choisis la chaise 8, celle de mon idole de jeunesse, pas Doug Risebrough mais bien Cam Neely, ancien franc-tireur des Bruins et membre du Temple de la Renommée du hockey (50 buts en 44 matchs).

Ça me remonte seulement un peu. Puis j'entend la musique qui émane de la radio du poste des infirmières. Et cette toune.

''Aller quelque part s'en aller
Retrouver
L'air et le pollen
Je t'aime

Le soleil emmène au soleil
Le matin au midi
Et les enfants jouent avec la vie''

- J.-P. Ferland / P.Baillargeon, Le soleil emmène au soleil

C'est un signe que tout va bien aller. Je sors mon iPod. Je mets ma playlist Happy 2. Et ça remonte aussi vite que mes défenses, mon attaque et mon hémoglobine. Comme le #8 sur Patrick Roy.

Merci pour ta toune.

Excusez

La semaine passée je ne filais pas bien. Je m'étais développé un espèce d'étirement, point, crampe, caillot, malaise, mal dans la partie droite de ma poitrine. Encore un petit tour de ma tête?

Pourtant, après la bonne nouvelle de mardi dernier, je devais me sentir comme Superman mais non. Je me sentais pas trop d'énergie, flat comme un vieux pepsi oublié sur le comptoir. Il faut dire que mardi dernier, mon hémoglobine était à 75 (bas) et que j'avais refusé une transfusion pour digérer et annoncer la bonne nouvelle. Ça ne me disait pas de passer une journée à l'hôpital non plus durant la semaine de relâche.

Enfin, c'est ce qui a semblé me rattraper car j'ai entretenu ce mal toute la fin de semaine. Vraiment mal, à prendre un cocktail de Tylénol et de Advil aux 4 heures. Avec de la misère à me coucher à l'horizontal.

Exactement les mêmes symptômes qui m'ont forcé à consulter un médecin avant que je tombe malade il y a un peu plus d'un an. C'est ce qui me déprimait en plus. Quoi, un an de chimio et je suis au même point? Et quand je vais arrêter la chimio dans 6 semaines, je vais retomber malade comme ça? La maladie progresse à ce point?

Pas vraiment finalement. Mon traitement et deux transfusions ont suffi et je suis un nouvel homme. Le mal est disparu complètement. Il faut dire que ça a tout de même rendu perplexe le bon docteur N. qui a levé un de ses imposants sourcils suite à la description de mes symptômes et les résultats positifs de mes examens. Je crois que c'était vraiment mon coeur qui en arrachait. Mon hémoglobine était rendue à 67.

En tout cas, fini les refus de sang. Give it to me! Après une trentaine de transfusions, une de plus ou de moins, ce n'est plus mon propre sang de toute façon. Il ne me reste que mon âme.

vendredi 6 mars 2009

Réponses

Vous avez été nombreux à m'envoyer des messages d'encouragement et ma boîte de courriel est remplie. Je vais donc vous répondre dans les commentaires.

Et pour ceux et celles qui étaient -et qui le sont toujours- avec moi en pensée, merci encore!

jeudi 5 mars 2009

La guerre

C'est mon infirmière-pivot qui avait raison. Il ne faut paniquer que devant les faits, même si c'est difficile.

L'oncologue, en m'accueillant dans son bureau m'a dit, les yeux brillants, que ce n'était pas des ''mauvaises nouvelles'' qu'elle avait ce matin. Mes tests sont négatifs. Je n'ai rien sur les os, rien sur mes autres organes. Nous pouvons donc poursuivre ma chimiothérapie dans les plus brefs délais. Il se peut toutefois que les tumeurs ne soient pas toutes disparues lorsque ma chimiothérapie se terminera en avril.

J'étais tranquillement soulagé et ma conjointe, presque hystérique. J'étais évidemment très content mais tout de même calme. Et trois jours après, c'est la même chose, j'ai le même sentiment ''égal''. La guerre n'est pas gagnée et comme en Afghanistan, pour copier l'actualité, il se peut qu'elle ne se gagne jamais.

Ce décalage s'explique peut-être par le cheminement différent que nous avons suivi depuis un an. Mon IP nous a dit que c'était parce que nous n'étions pas à la même étape par rapport au cancer. Je vois les choses différemment.

Enfin, je suis toujours là. Je tousse un peu mais mon appétit revient. Mes traitements vont finir. Je traverserai lorsque j'arriverai à la rivière.

lundi 2 mars 2009

Lundi 22h

Demain je rencontre le médecin vers 9h00. J'ai passé mon scan ce matin. Et on m'a installé un gelco dans le bras pour pouvoir injecter sous pression le colorant qui rend la lecture des cellules anormales possible. J'ai fait cela comme un grand mais l'infirmière était très bonne car elle a réussi du premier coup. Sur ma main en plus où j'ai la peau aussi épaisse qu'une retraitée de 80 ans qui habite en Floride et qui se fait bronzer 2 heures par jour (je pense à la colocataire de Marie a un je-ne-sais-quoi).

Enfin, comment je me sens? Pas si pire dans le fond. J'ai été tellement déprimé dans les derniers jours que je suis prêt à tout entendre, même si au fond de moi, je ne serais vraiment prêt à entendre parler de ma propre mort.

Physiquement, mon appétit a baissé mais j'ai plus d'énergie. J'ai des spasmes et des points dans le dos et la nuque. Je dors relativement bien. Sauf que je ne respire pas aussi bien que lorsque je suivais mes traitements. Et je tousse aussi. Légèrement, mais tout de même.

Dans la déprime et le stress, mange. C'est ce que je vais faire avant de me coucher. Un espèce de trottoir aux framboises, full agents de conservation, gras trans et sucre.